La moustache – Emmanuel Carrère

La moustache livre - Emmanuel CarrèreTitre : La moustache
Roman
Pays d’origine :
France
Thèmes : 
folie – absurde
Auteur : Emmanuel Carrère
Édition : Gallimard
Collection : Folio
Nombre de pages : 182
Date de sortie :  16 juin 2005
Prix : 6,60€ poche – 6,49€ numérique
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Il en dit quoi le résumé ?

Un jour, pensant faire sourire votre femme et vos amis, vous rasez la moustache que vous portiez depuis dix ans. Personne ne le remarque ou, pire, chacun feint de ne l’avoir pas remarqué, et c’est vous qui souriez jaune. Tellement jaune que, bientôt, vous ne souriez plus du tout. Vous insistez, on vous assure que vous n’avez jamais eu de moustache. Deviendriez-vous fou ? Voudrait-on vous le faire croire ? Ou quelque chose, dans l’ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens ? L’histoire, en tout cas, finit forcément très mal et, d’interprétations impossibles en fuite irraisonnée, ne vous laisse aucune porte de sortie. Ou bien si, une, qu’ouvrent les dernières pages et qu’il est fortement déconseillé d’emprunter pour entrer dans le livre. Vous voici prévenu.

Et moi, j’en pense quoi ?

En furetant sur Amazon, d’un livre à l’autre, d’un pitch pas mal à un pas terrible, j’ai fini par tomber sur ce petit roman et mon intérêt a de suite été capté par ce résumé étrange et absurde.

Je l’avoue, je m’attendais à une histoire au moins en partie drôle. Oui, je devrais apprendre à lire les résumés jusqu’au bout.
Parce que, vraiment, non, ce livre n’est pas drôle.

Une histoire de fou ?

Si au début, comme le héros, on peut croire à une farce, on comprend rapidement qu’il n’en est rien et différentes hypothèses sont alors amenées. Autant le dire tout de suite ; Il n’y a, ici, rien de surnaturel. Mon idée première, le fait que le protagoniste ait pu être transporté dans une autre dimension où il n’a jamais porté de moustache, était hors sujet. Je n’ai visiblement pas les pieds très ancrés au sol parce que je penserais d’abord à ça avant de me poser des questions sur ma santé mentale si une chose pareille m’arrivait.
Enfin, comme je ne compte pas me laisser pousser la moustache de si tôt ça devrait aller. Mais en même temps c’est ce que pensait aussi le héros. Arf.

Au lieu de ça, on le suit dans ces suppositions, et tout comme lui nous ne cessons d’osciller. Est-il fou ? Parfois ça ne fait aucun doute. Mais en même temps nous sommes dans sa tête et quand il affirme se souvenir de certaines choses nous ne pouvons que le croire. Ses amis et sa femme lui jouent-ils un tour ? Pourquoi pas. Surtout quand on apprend à connaitre cette dernière. Mais quand même, pour aller aussi loin il faut que ce soit elle la folle, non ?

Mais où va-t-on ?

Toute la première partie du roman est construite de sorte que l’on ne sache jamais qui est fou et qui ne l’est pas. Ni d’ailleurs si, vraiment, quelqu’un l’est vraiment. A moins qu’iels ne le soient tous ?
C’est très addictif. On essaie de comprendre mais on n’y parvient pas.

La dernière partie change de rythme et certains de nos soupçons commencent à prendre forme. Sans jamais le faire tout à fait, pourtant. Il y a tellement d’autres états que la folie qui pourraient expliquer ce qui se passe.
Néanmoins ce changement de rythme était nécessaire. On retrouve un vent de nouveauté et ça nous évite d’avoir à nous lasser en comprenant qu’on ne comprend en fait rien.

Sur la fin pourtant, je tourne les pages et me répète en boucle « Non, non, non, non, non… Ne fais pas ce à quoi je pense. Par pitié, surprends-moi. »
Et en fin de compte ? J’ai fini sur le cul. Avec un indicible sentiment de frustration ne demandant qu’à être extériorisé.
Ces dernières pages sont terriblement frustrantes et je n’arrive pas à savoir si c’est ce qui fait que ce bouquin est bon ou, au contraire, en gâche une partie du plaisir.

Oui, j’avais vu la fin venir. Ou pour être plus juste, ce qui se passe pile avant la fin. Mais ça ne l’a pas empêché de me mettre K.O. Par sa violence et sa soudaineté

Je pense que je regarderais le film qui en a été adapté un de ces jours. Mais je l’imagine mal être aussi percutant.

Spoiler (sélectionner pour lire) :

Le fait de ne pas savoir à la fin si le personnage est fou ou non est effroyablement frustrant.
Bien sur, la réponse la plus sensée serait oui. Mais c’est avec lui qu’on est depuis le début, ce sont ses pensées que l’on lit et elles ne sont pas si folles que ça. Un peu parano ça oui, mais qui ne le deviendrait pas dans son cas ?

Comment exprimer ma frustration quant à la fin de ce roman ?

En résumé

Points résolument positifs : On ne sait jamais sur quel pied danser, ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas, et c’est bien amené.
Points hélas négatifs : Quelques longueurs et une fin peut-être un peu trop prévisible.

4 thoughts on “La moustache – Emmanuel Carrère

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