Un flingue et du chocolat – Otsuichi

Un flingue et du chocolat - OtsuichiTitre : Un flingue et du chocolat
Roman jeunesse
Thèmes : 
détective – enquête – aventure – chocolat – racisme – pauvreté
Auteur : Otsuichi
Édition : Milan
Collection : Fiction hors collection
Nombre de pages : 384
Date de sortie :  7 octobre 2010
Prix : 15,90€
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Il en dit quoi le résumé ?

Un orphelin sans-le-sou découvre dans l’héritage paternel un plan qui doit mener au trésor de Godiva, le célèbre voleur qui fait la une de tous les journaux. Une enquête exceptionnelle, au goût exquis commence, tous les personnages et noms de lieux portant des noms de chocolat.

Et moi, j’en pense quoi ?

Un objet très beau, avec une pochette au design retro et une couverture représentant une tablette de chocolat.
Je l’ai acheté en occasion sans la pochette, en fait j’ignorais qu’elle aurait du être comprise avec. C’est la couverture chocolatée qui m’a donné envie. Bien des mois plus tard j’ai revu le livre, toujours chez un marchand d’occasion, cette fois avec sa pochette et j’ai regretté de ne pas avoir attendu…

Un livre en deux parties bien distinctes.

Dans la première nous faisons la connaissance de Lindt et du monde qui l’entoure; ses copains Dean et Deluca, Debailleul, le caïd qui fait peur à tous les enfants, maman, la petite ville de Michel et bien sur Godiva le célèbre voleur et Royce, le détective qui le pourchasse et est, accessoirement, l’idole de tou.te.s, surtout des enfants.

Le père de Lindt est mort depuis six mois quand le jeune garçon découvre un plan dans la bible que celui ci lui a achetée peut de temps avant de décéder. D’abord légèrement intrigué, l’enfant va rapidement faire une découverte incroyable : La carte semble avoir été dessinée par Godiva en personne !

Souhaitant se rendre utile et, tant qu’à faire, rencontrer son idole, Lindt lui écrit alors une lettre. Il insiste sur les points qui lui font penser que le plan est l’œuvre du cambrioleur et il la poste avec le fol espoir d’un jour recevoir une réponse de la main du détective.

En guise de réponse Royce vient carrément à sa rencontre, et commence alors pour le jeune garçon une aventure extraordinaire où il va aider l’homme dont il est fan au nez et à la barbe de ses amis qui commencent à sérieusement se demander pourquoi il n’a plus une seule minute à leur consacrer

Le ton est enjoué, rien ne semble pouvoir mal se passer.

Cette première partie est légère, enjouée. On prend plaisir à suivre Lindt dans son aventure. On trouve même des points de ressemblance entre certains protagonistes et quelques grands noms de la littérature.
Bien sur Godiva fera penser à Arsène Lupin mais Royce fait aussi un très bon Sherlock Holmes. Il pousse même le vice jusqu’à s’entourer de son Watson et d’une pale copie de Lestrade.

Franchement, jusque là l’histoire me plaisait beaucoup.

Et puis subitement certaines choses commencent à grincer. On ne reconnait plus certains personnages et on se demande à quoi ils jouent. Pourquoi tout le monde semble t-il changer de visage ?
Ce moment charnière est extrêmement déstabilisant. Tout ce qu’on connaissait semble se dissoudre sous nos yeux, on ne comprend plus ce qui se passe et surtout on se sent profondément trahit par certains protagonistes.

Très bien joué !

Et en ça c’est un coup de maitre. A cet instant précis on ne pourrait se sentir d’avantage dans les bottes de Lindt. Si jusqu’à présent on avait suivit son aventure en restant un peu en retrait, en s’amusant de petits détails mais sans se sentir vraiment concerné, le fait de se retrouver dans la même position que le héro permet de créer un lien très fort entre lui et nous.
Alors qu’on prenait tout ça à la rigolade, exactement comme lui, on comprend sans soucis ce qu’il ressent à ce moment de l’histoire puisque nous nous trouvons dans la même position.

Sur le coup c’est désagréable et on se demande vraiment où part l’histoire. C’est un peu comme si, après sa rencontre avec Panpan Bambi se retrouvait propulsé dans l’univers d’Apocalypse Now. On n’est plus sur de rien. Mais une fois que cette impression de trahison s’estompe et que l’histoire reprend un rythme, si pas connu au moins plus rassurant, on savoure la seconde partie et on accepte que le rythme aie été un brin chamboulé.

La métaphore culinaire.

Si je devais comparer cette histoire à une sorte de chocolat, puisque c’est un peu un thème omniprésent dedans, je dirais que la première partie fond chaleureusement sur la langue comme un une praline de chocolat au lait au cœur fondant. La cassure se produit avec un Mon Chéri. On a mordu (à l’hameçon) et l’alcool répugnant se déverse à flot entre nos dents, nous faisant grimacer. Certain.e.s iront même jusqu’à le recracher, iels stopperont leur lecture et se rincerons la bouche avec un verre de grenadine. Mais pour celleux qui persévéreront la suite passera comme un carré de chocolat noir. Plus amère et forte mais honnête, sans mauvais surprise. Peut-être tout au plus quelques morceaux de pistaches cachés de ci de là. Mais c’est bon les pistaches.

Plusieurs choses étranges. Qui seront expliquées.

Au départ une chose en particulier m’a semblée étrange, pourquoi tout le monde était-il du coté de Royce ? Certes le détective était charismatique et talentueux mais Godiva ne volait qu’aux riches. La logique voulait qu’au moins les pauvres de la ville de Lindt soient de son coté, non ? Heureusement, au fil des pages des éléments de réponses nous sont apportés et vers la fin la réponse nous est très clairement donnée par l’un des protagonistes.
J’ai du mal à imaginer que ça fonctionnerait aussi bien dans la réalité mais au moins ça se tient.

Pour un livre que j’ai acheté parce que j’aimais sa couverture chocolatée et les noms de chocolat de ses personnages mais dont le résumé ne me disait pas grand chose, c’est une excellente surprise.
Je te la conseille si tu aimes les histoires de détectives et d’aventures.

La fin est peu être un peu convenue mais elle ne ma pas déplu pour autant.

En résumé

Points résolument positifs : L’écriture est fluide, on se laisse emporter assez facilement. L’attachement instantané que l’on a pour Lindt grâce à l’évènement charnière, quia été très bien négocié.
Point hélas négatif : Les petites touche de morale qui n’ont un peu rien à faire là (mais qui ne sont heureusement pas si nombreuses). Le changement radical qui se produit vers la moitié du livre et qui est si violent qu’il en bloquera certain.e.s.

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One thought on “Un flingue et du chocolat – Otsuichi

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