Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) – Tomoki Matsumoto

Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) - Tomoki MatsumotoTitre : Prunus Girl
Intégrale (tomes 1 à 6)
Nombre de volumes vf : 6 (terminé)
Nombre de volumes vo : 6 (terminé)
Autrice : Tomoki Matsumoto
Édition : Soleil
Collection : Soleil Shôjo
Nombre de pages : 192
Date de sortie :  du 5 juin 2013 au 3 septembre 2014
Prix : 6,99€
Achetez Prunus Girl sur Amazon.

Il en dit quoi le résumé ?Calendrier de l'avent 2017

Tandis que Maki va consulter la publication des résultats d’examens d’entrée au lycée, il rencontre une magnifique jeune fille dont il tombe immédiatement sous le charme. Le destin les rassemble non seulement dans le même lycée, mais également dans la même classe. Lors de la présentation individuelle à la classe, cette dernière, prénommée Aikawa, se présente comme étant un garçon ! Toutefois, le doute est permis, tant le jeune homme a la parfaite allure dune délicate jeune fille. D’ailleurs, Maki ne semble pas convaincu du genre de son camarade qui ne cesse de jouer de son ambiguïté. Fille ou garçon ? Garçon ou fille ? Quelle est la réalité ? Finalement, cela importe-t-il vraiment pour Maki ?

Et moi, j’en pense quoi ?

Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) - Tomoki Matsumoto

Ça fait longtemps que je veux te parler de ce manga (et genre, vraiment, vraiment longtemps). C’est un vrai coup de cœur et une histoire vraiment originale.

Aikawa a un visage d’ange, porte des mini-jupes et les cheveux mi-longs. Tous les garçons en sont fous. Ainsi qu’une partie des filles. Aikawa est kawaii, ou super mignonne si tu préfères. Et pourtant, Aikawa est un garçon.
C’est du moins comme cela qu’il se présente.

Dés la rentrée, il tombe sur Maki. Un garçon sympa, parmi les premiers de la classe en étude comme en sport. Et très vite, sans que ce dernier n’ait rien fait pour, tous deux vont devenir inséparables.

Où il est question de la frontière entre amitié et amour

D’un coté, il y a Aikawa, qui fait clairement du rentre-dedans à Maki, mais sans qu’on sache avec certitude s’il se contente de le charrier ou s’il espère plus. Et de l’autre, il y a Maki, qui se laisse embobiner très facilement et qui tombe dans tous les pièges que lui tend son nouveau meilleur ami.

La relation qu’ils vont tisser tout les deux va devenir belle aux fils des tomes, mais elle commencera d’abord par être amusante et joyeuse. Aikawa est espiègle et s’amusera beaucoup aux dépens de Maki. Créant des situations où le jeune homme, ne sachant plus sur quel pied danser, révélera une personnalité attachante tout en sincérité et en maladresse.

Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) - Tomoki Matsumoto Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) - Tomoki Matsumoto

Des personnages travaillés et variés.

Si les personnages principaux sont franchement bons, les secondaires ne sont absolument pas en reste. Tous, ou presque, ont des personnalités intéressantes et ils vont se révéler très variés. Certains, comme la prof principale, reste assez mystérieux, alors que d’autres, tel que Shion, qui se présente à la classe le jour de son arrivée en tant que fille qui aime les filles, se livrent dés la première rencontre.
Si le premier tome se concentre exclusivement sur Maki et Aikawa, nous permettant de nous attacher suffisamment à eux, les autres introduiront le reste de l’équipe petit à petit, les insérant ainsi en douceur dans la trame principale.

Les situations retrouvées ici sont assez habituelles de ce genre de manga où l’on a un groupe de lycéen·ne·s en guise de protagonistes. Sortie à la mer, voyage de classe, compétitions sportives, nuit dans un lieu (prétendument) hanté, vie en classe, rencontre avec un relou d’une autre école, sorties après les cours, jeux d’eau en été, fête de l’école avec sa pièce de théâtre et son maid-café, etc.
Très typique, comme je te le disais, mais traité avec beaucoup d’humour et nombres de situations rocambolesques ou absurdes qui font qu’on ne s’ennuie pas une seconde.

Une série presque sans fausses notes.Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) - Tomoki Matsumoto

La minute spoiler : ce que je vais confesser est absolument horrible, et pourtant ça doit être dit.
Malgré le fait qu’il ne cesse de répéter qu’il est un garçon, on ne peut s’empêcher de se demander, au moins pendant les 2/3 premiers tomes, si Aikawa en est bien un. À cause de son apparence, on ne peut aussi pas s’empêcher de se demander s’il ne s’agirait pas « juste » d’un garçon trans*. Ce qui aurait pu être vraiment grave intéressant, car pratiquement jamais abordé en manga. (En tout cas, dans ceux traduit en français et dont j’ai connaissance. Si tu en connais, ça m’intéresse !)
Mais en même temps ça aurait été un peu décevant. (Et je n’en reviens pas d’écrire ça…)

Je m’explique. Maki va mettre cinq tomes avant d’accepter les sentiments qu’il a développés envers Aikawa. Et, si ça lui prend autant de temps, c’est uniquement parce qu’Aikawa est un garçon. Et que Maki ne s’intéresse pas aux garçons.
Plusieurs fois, il se fera la remarque que si Aikawa avait été une fille, il sortirait très probablement avec elle. Mais que, comme il est un garçon, bah non, ça le fera pas.

Alors, découvrir après tout ce temps que « bah, c’est bon en fait, Aikawa a « un corps de fille », ouf. (il n’y aura jamais assez de guillemets pour entourer cette phrase, que je ne cautionne nullement). Il se prend peut-être pour un mec, mais il n’a pas de kekette, tout va pour le mieux » ça aurait été véritablement désappointant.

 

Une évolution lente mais belle.

Mais, comme je le disais, ce n’est pas le cas. Aikawa est un garçon, cis du coup, et l’évolution de Maki vis-à-vis de ses sentiments n’a pas été « vaine ». (Il y a beaucoup trop de guillemets dans cet article, c’est barbant.)
Dans ce sens, on a une évolution de personnage qu’on voit vraiment rarement dans les mangas yaoi ou shonen-ai (celui-ci est d’ailleurs classé comme shojo, pas comme shonen-ai).

En général, dans ces mangas, on a deux persos homo ou un perso gay et un hétéro. Et celui-ci fini par se dire que les zizis, c’est bien aussi. Du coup, on pourrait dire que l’on a un perso homo et un autre bi, mais c’est très rarement dit clairement. Dans les mangas, la grosse majorité du temps, il faut choisir. Et, si tu es un mec, que tu sors 2 mois avec ton ex-meilleur pote, puis que tu retournes voir des nanas, c’est juste que tu t’es égaré. En même temps, ton ex-meilleur pote est tellement canon que ça n’a rien d’incroyable que tu te sois laissé tenter. Mais tu seras toujours catalogué comme l’un ou l’autre, tu n’as absolument pas le droit d’être bi (ou très très rarement).
Du coup, pansexuel.lle**, faut même pas y penser.

Or ici, c’est exactement ce que nous avons. Maki sait qu’Aikawa est un garçon. Il le croit quand celui-ci l’affirme. Mais il n’a aucune certitude quant à ce à quoi il ressemblera tout nu. Et, au terme de beaucoup de parlottes dans sa propre tête, il va finir par s’en foutre. Parce que la personne dont il est tombé amoureux, c’est Aikawa. Indépendamment de son genre ou de son corps.
Et ça, on ne le voit clairement pas assez souvent. Pas seulement dans les mangas, mais dans toutes les fictions réunies.

Pourquoi il faut l’offrir ce Noël ? Parce que c’est un de mes mégas coups de cœur de ces dernières années et que je n’imagine pas qu’il pourrait ne pas plaire. Mais aussi (et peut-être plus), parce que l’histoire est sympa en plus d’être originale. C’est un thème peu abordé et il l’est plutôt bien.

À qui il faut l’offrir ? Aux lecteurices qui veulent des romances qui changent, qui voudraient lire plus d’histoires avec des persos LGBTQ+.

En résumé : Challenge BD 2017

Les points résolument positifs : des persos aux personnalités et aux sexualités variées, beaucoup d’humour, un axe principal qu’on voit rarement.
Les points qui le sont hélas moins : série trop courte, en seulement six tomes.

Il se peut que ce que j’ai écrit là soit assez limite par moment, même si j’ai fait super attention. Donc, s’il s’avère que ça heurte quelqu’un, je tenterais de reformuler.

Petit point vocabulaire :

* Garçon trans (transgenre, pas transsexuel !) : Garçon qui a été assigné fille à la naissance. Sans opération, il n’aura donc pas de zizi, et sans testostérone, il aura même probablement des seins et pas de poils faciaux. Mais ça n’invalide nullement son statut de garçon. Certains s’en accommodent d’ailleurs très bien.
 * Garçon cis (cisgenre) : Qui a été assigné garçon à la naissance (parce qu’il avait un petit bout de viande qui lui pendouillait entre les pattes arrières). Il n’est pas plus « dans le bon corps »que son pote trans (ni « normal » d’ailleurs) mais c’est ce que généralement la société en retiendra.

Tu remplaces maintenant garçon par fille et ça te fait deux définitions en une. C’est cadeau.

** Une personne pansexuel·le ou panromantique est une personne qui peut être attirée sexuellement et/ou romantiquement par une autre personne quel que soit son genre. Et, donc, ce qu’elle a entre les pattes.
Que cette personne soit un garçon cis ou trans, une fille cis ou trans ou encore une personne non-binaire, agenre, bigenre, fluide, neutrois, etc.
Du coup, oui, c’est un peu comme bi, et la limite entre les deux est très floue (et ne se trouve pas au même endroit pour tout le monde). Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

One thought on “Prunus Girl (intégrale. T 1 à 6) – Tomoki Matsumoto”

Quelque chose à ajouter ? Fais le ici.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.