Priya บ้านเกิด – Kanokphong Songsomphan (Édition bilingue français-thaï)

Priya บ้านเกิด - Kanokphong Songsomphan (Édition bilingue français-thaï)Titre : Priya – บ้านเกิด
Nouvelle
Pays d’origine :
Thaïlande
Thèmes :
jeunesse – amour – révolution – souvenirs
Auteur : Kanokphong Songsomphan
Édition : Gope
Nombre de pages : 154
Date de sortie :  9 septembre 2016
Prix : 14,70€ album
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Il en dit quoi le résumé ?

Dans le Sud profond de la Thaïlande des années 70, un amour d’adolescents tourne au tragique tandis que, dans les montagnes environnantes, une insurrection tourne court. Narrée sur le ton du repentir et du regret, cette lente prise de conscience des soubresauts du monde et de la chair n’exclut pas l’humour.

Kanokphong Songsomphan (1966–2006), natif du Sud de la Thaïlande, était l’un des meilleurs nouvellistes de sa génération. Traduites en anglais et en japonais, ses œuvres ont souvent été primées. Traduit du thaï par Marcel Barang.

Et moi, j’en pense quoi ?

Je crois t’avoir déjà expliqué la raison pour laquelle j’aime tellement Masse Critique. Bien sur, il y a la possibilité de recevoir gratuitement un livre qu’on veut avoir depuis qu’il a été annoncé, d’ailleurs certaines personnes se contentent de cocher ces livres-là et je les comprends très bien, mais surtout, il y a la chance de pouvoir découvrir des livres et des auteur.ice.s qu’on n’aurait jamais découvert autrement.

Ce livre entre à 100% dans cette catégorie. Une nouvelle bilingue français-thaï, comme il ne s’agit pas d’une langue que j’ai un jour l’intention d’apprendre, il y avait assez peu de chances que je m’y intéresse plus que ça.
En en lisant le résumé je n’ai d’ailleurs rien ressenti de spécial. En revanche les quelques lignes au sujet de l’auteur ont stoppé momentanément mon scrollage intensif.  L’un des meilleurs nouvellistes de sa génération ? Je ne savais même pas qu’il y avait des auteurs thaïs traduits en français ou même en anglais. En tout cas je ne me rappelle pas en avoir déjà croisé en librairie ou même en salon. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. À quoi pouvait donc bien ressembler la littérature thaïe ? Je l’ai donc ajouté à ma (plus ou moins) longue liste de livres désirés et, quand j’ai reçu la confirmation de Babelio, j’ai ricané. On ne me sélectionne jamais pour les livres que je veux vraiment et qui sont sur ma wishlist. Peut-être sont-ils très demandés ? Mais je crois sincèrement que c’est une chance. Sinon j’aurais continué de passer à coté de plusieurs excellents titres, dont celui-ci.

Te souviens-tu, Priya ?

À travers des souvenirs de son enfance, qu’il se remémore pour la fameuse Priya qui donne son titre à la nouvelle et dont on ne sait au départ rien du tout, et qu’il remonte petit à petit le cours du temps jusqu’à arriver aux jours présents, le narrateur nous dépeint l’histoire d’une famille, la sienne, d’un village, celui où il a grandi, mais aussi d’un peuple et d’une révolution. Le tout à travers les yeux d’un enfant qui ne comprend rien aux enjeux de qui se passe sous son nez.

Si tout, au début, semble aller bien, avec l’école, les instituteurs, les cours de trompette, la musique jouée par le père qui fait du village un endroit si agréable, la rudesse de la mère qui pourtant pense à ses enfants plus qu’à elle-même et la rivalité fraternelle qui unit autant qu’elle oppose le narrateur et son frère, temps finit par passer et plus les pages se tournent, plus se dessinent sous nos yeux les prémisses de gros changements à venir.

Il y a d’abord le fantôme retrouvé flottant dans la rivière, puis les escapades nocturnes du père, les disputes, l’angoisse et enfin les militaires.
À mesure que le narrateur grandit les ennuis deviennent plus concrets. Ne les avait-il pas remarqué plus tôt à cause de son jeune âge ou la vie était-elle vraiment en train de changer ?

La révolution vue par un gamin amoureux.

Dans ce maelstrom d’émotions, de craintes et de sentiment d’injustice, il y a pourtant une chose immuable qui rassure, un phare dans l’obscurité qui s’installe. La présence de Priya. Priya, si douce, si belle. Priya, pas vraiment une sœur, pas vraiment autre chose non plus. Son prénom, répété inlassablement tout du long donne à cette nouvelle un air de poésie, la transforme en danse légère et intime.

À mesure qu’il grandit, le narrateur prend conscience des sentiments qu’il nourrit à son égard. Bien que nous l’ayons compris depuis longtemps, lui, s’en rend compte presque par hasard.
Et on s’imagine alors qu’une fin heureuse est possible. Avant de se rappeler que cette histoire est en quelque sorte une lettre qu’il lui envoie.
Vient alors l’angoisse, pourquoi cette histoire ne peut-elle pas bien se finir ? Que va-t-il encore se passer pour envoyer en l’air leur bonheur naissant ?

Un coup de cœur ? Pas loin, vraiment pas loin.

Malgré tous les problèmes que va rencontrer le narrateur, bien que les histoires vraies manquent bien souvent de magie et que je m’en désintéresse très rapidement, je dois reconnaitre que j’ai beaucoup aimé ce livre.

L’écriture, en tout cas la traduction, est très agréable. On s’attache rapidement, aussi bien au narrateur qu’à Priya ou à la large galerie de personnages qu’on rencontre. Le rythme quoique posé est très bon, l’auteur arrive en quelques pages à peine à nous intéresser et on l’écoute finalement nous raconter ses souvenirs en ressentant autant d’affection pour lui que s’il était un ami très cher. Je regrette une petite baisse de régime dans les toutes dernières pages que j’ai trouvées moins chantantes. Alors que jusque là même les thèmes difficiles avaient été abordés avec cette même poésie les dernières pages semblent avoir été traduites par une autre personne. C’est dommage car ça nous sort un peu de l’histoire à quelques pages à peine de la fin.

Malgré ce tout petit problème c’est une lecture dont je garde un très bon ressenti et j’espère voir d’autres textes de cet auteur traduits un jour.

En résuméDéfi lecture 2017

Points résolument positifs : Les émotions transmises, le côté chantant du texte, l’immersion.
Point hélas négatif : Les quelques dernières pages qui perdent un peu de cette musicalité.

2 thoughts on “Priya บ้านเกิด – Kanokphong Songsomphan (Édition bilingue français-thaï)

  1. Oh la la ! Quelle magnifique chronique ! Très inspirée. On sent vraiment que tu as aimé ta lecture.
    Si je ne l’avais pas déjà lu moi-même (gagné comme toi à la Masse Critique Babelio), il irait immédiatement s’ajouter à ma wish list. ^^

Quelque chose à ajouter ? Fais le ici.