Oh, boy ! Marie-Aude Murail

Oh, boy ! Marie-Aude MurailTitre : Oh, boy !
Roman
Thèmes :
famille – maladie – homosexualité – enfance – deuil 
Autrice : Marie-Aude Murail
Édition : École des loisirs
Collection : Médium
Nombre de pages : 208
Date de sortie :  18 mars 2000
Prix : 6,80€ broché – 5,99€ numérique
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Dés 12 ans.

Il en dit quoi le résumé ?

Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas. Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son bac. Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe. Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbies.

Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille. À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui ! ces deux personnes se détestent.

Et moi, j’en pense quoi ?

Je ne sais pas vraiment ce à quoi je m’attendais avec cette histoire mais clairement pas à ça !

J’en avais vaguement entendu parler sur une chaine Booktube et je m’étais dit pourquoi pas. Alors, quand je l’ai trouvé en occase dans ma librairie préférée la semaine de mon anniv je n’ai pas réfléchis plus avant et je l’ai adopté. Sans trop savoir dans quoi je m’engageais. 

Siméon, Morgane et Venise sont orphelins. Depuis vraiment pas longtemps. Et, pour éviter de se voir séparé.e.s et placé.e.s dans des foyers différents iels vont faire un jurement et se mettre à la recherche d’un membre de leur famille pouvant, et souhaitant, les recueillir tou.te.s ensemble.

Grâce à l’assistance sociale et à la juge en charge de leur cas ils vont en trouver deux. Une demi-sœur par alliance, ophtalmo et pète sec, Josiane, et un demi-frère volage, gay et pas très mature, Bart.

Beaucoup d’émotions et de retournements

Sur base de ça, j’avais imaginé une toute autre histoire, amusante et militante pour les droits LGBTQ+. Mais ce n’est pas exactement ce que j’y ai trouvé.

Amusante, ça oui, elle l’est. Que ça vienne des enfants ou de Bart, le demi-frère immature, on a droit à quelques bons mots. Militante, on peut dire qu’elle l’est aussi, bien que ce ne soit ni matraqué ni culpabilisant victimisant ou le sujet principal.
Mais il y a tellement plus.

Déjà, il y a la façon dont cette fratrie reconstituée se comporte entre elle. Des enfants livrés à eux même et à un adulte irresponsable et incapable d’assumer cette charge. Il y a tous ces adultes qui gravitent autour d’elleux. Hommes et femmes qui cherchent les meilleurs solutions pour ces orphelin.e.s en tachant de mettre leur propres problèmes de coté. Il y a cette menace d’être séparé.e.s parce que Venise est une enfant adorable et que tout le monde se l’arrache alors que les deux autres ordinaires. Et puis il y a surtout cette maladie, qu’un des enfant va attraper. Cette maladie qui va l’affaiblir, qui va faire exploser l’unité familiale et qui va obliger Bart à devenir un meilleur grand-frère. Qui va le forcer à être présent pour ces enfants qu’il ne comptait au départ pas garder.

C’est une histoire foutrement belle où la fin n’est pas celle d’un compte de fées mais qui au contraire se veut proche du réel, de ce qui se passe, hélas ?, dans la réalité.

J’ai eu peur pour cet enfant malade, peur qu’il ne survive pas, peur que la maladie le terrasse, peur que Bart ne se volatilise, trop couard pour assumer cette responsabilité qu’il lui est tombée dessus alors qu’il n’avait rien demandé.

J’ai espéré aussi. Une rémission, que la fratrie ne soit pas éparpillée au quatre vents, une happy end…

Jusqu’aux dernières pages il est impossible de savoir si l’histoire se terminera bien ou non.

Bien que le thème puisse sembler approchant on est ici fort loin des orphelins Baubelaire, lecture qui m’avait laissé une impression mi figue mi raisin. L’histoire, ici, est abordée de façon plus terre à terre sans pour autant s’enfoncer dans l’ennui mortel qui peut naitre de ce genre d’ouvrage quand il manque une touche de magie.

Il semblerait que ce soit un livre culte (je l’ai découvert après l’avoir lu) et c’est amplement mérité.

Je le classe sans hésitation aucune dans mes coups de cœur et t’invite plus que chaudement à te le procurer.

En bref

Points résolument positifs : Le ton, la relation très forte et très bien décrite entre les frères et sœurs, l’incertitude quant au dénouement jusqu’à la dernière page, l’humour malgré le thème très sérieux et grave.
Point hélas négatif : Franchement difficile d’en trouver un.

3 thoughts on “Oh, boy ! Marie-Aude Murail

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