Nagasaki – Éric Faye

Nagasaki - Éric FayeTitre : Nagasaki 
Roman
Thèmes : 
Japon – solitude – pauvreté
Auteur : Éric Faye
Édition : J’ai lu
Nombre de pages : 94
Date de sortie :  1 octobre 2011
Prix : 5,20€
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Il en dit quoi le résumé ?

Shimura-san mène une existence solitaire et ordonnée dans la banlieue de Nagasaki. Mais voilà que des objets se déplacent, chaque jour, insidieusement, que de la nourriture disparaît. Fantôme ? Hallucinations ? Grâce à une webcam, la vérité se fait jour : une femme habite clandestinement chez lui, depuis un an… Grand Prix du roman de l’Académie française 2010, Nagasaki est un chef-d’œuvre de mélancolie, un récit percutant sur l’isolement, où les ombres qui peuplent l’histoire du Japon ne sont pas loin.

Et moi, j’en pense quoi ?

Ce livre très court basé sur une histoire vraie, donc je t’avais déjà parlé dans l’article sur Sangsues, commence assez fort.
Dés les premières pages le ton est donné. L’écriture est vivante, imagée, un rien mélancolique. Le héro nous apparait dans toutes ses faiblesses, avec ses rides et la faible opinion qu’il a de sa vie. On comprend que malgré son bon travail, malgré son joli pavillon, il se demande s’il n’est pas passé à coté de quelque chose. Il sait qu’il lui manque quelque chose pour être heureux mais cela veut-il dire qu’il est malheureux pour autant ? Malgré cela il continue de vivre chaque jour comme le précédant, englué dans ses habitudes et uniformisé par la société.

Le thème de la femme caché dans un placard n’est finalement qu’une excuse pour nous dépeindre un Japon moderne qui souffre de la solitude, de trop de fierté et de réserve.

J’ai senti une légère baise de niveau après l’arrestation de l’intruse. Mais l’auteur se reprend vite et alors que son personnage sombre peu à peu dans les regrets, la culpabilité et une certaine forme de lassitude, Eric Faye nous replonge dans son esprit hésitant. On voit, à travers ses yeux, le regard que porte Shimura-san sur sa propre vie et on se met à espérer. Espérer quoi au juste ? Ça on n’en est pas sur, mais ça ne nous empêche pas d’espérer.

Seulement deux personnages mais quels personnages.

Puis vient le moment de faire connaissance avec Elle et à nouveau la plume s’emballe. Le portrait qu’elle en tire semble juste, touchant, emprunt d’une familiarité qui nous la rend si tangible, si semblable à ce que nous pourrions devenir. Voir à ce que nous sommes déjà.

L’histoire est brève mais en moins de 100 pages l’auteur parvient à nous installer au Japon. On ressent cette distance entre les gens, cette politesse qui étouffe, cette solitude qui emprisonne. En quelque mots seulement il fait passer une pléthore d’émotions et de sentiments.

Le style est agréable, c’est joliment écrit. Le roman se lit vite et rapidement on en redemande.
Je pense revenir bientôt sur d’autres écrits d’Eric Faye. Sa plume mérite qu’on s’y attarde durant plus de 100 pages.

En résumé

Points résolument positifs : Le style qui donne le ton immédiatement, la très belle appropriation d’un fait d’hiver improbable.
Point hélas négatif : Petite baisse de régime vers le milieu. J’aurais aimé un prolonge un peu plus long.

Défi lecture 2017 Un mois au Japon avec Hilde et Lou

 

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3 thoughts on “Nagasaki – Éric Faye

  1. voici un roman fait pour me plaire. Je l’avait repéré mais cet avis me conforte dans l’envie de le lire 😉
    1. Si le sujet t’intéresse il y a aussi le manga Sangsues qui s’en inspire. Pour le coup ça ne parle pas exactement de ce fait divers mais l’influence est évidente 🙂

Quelque chose à ajouter ? Fais le ici.