Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens – Becky Albertalli

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiensTitre : Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens
Roman
Pays d’origine :
États-Unis
Thèmes :
  amour – homosexualité – amitié – adolescence
Autrice : Becky Albertalli
Édition : Hachette Romans/Le Livre de Poche
Collection : Hors-séries
Nombre de pages : 352
Date de sortie :  15 avril 2015
Prix : 16,90€ broché – 6,90€ poche
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Il en dit quoi le résumé ?Calendrier de l'avent 2017

Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il « rencontre » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui sinon qu’ils fréquentent le même lycée. Simon commence à être raide dingue de Blue mais cela reste secret. Jusqu’au jour où il commet l’erreur monumentale de laisser ouverte sa session sur l’ordi du lycée. Martin, un de ses camarades de classe, lit ses emails et menace de tout révéler.

Et moi, j’en pense quoi ?

Si tu as déjà flirté par mail, que tu es (presque) tombé·e amoureuxe en échangeant des mp sur un forum ou en textotant, cette histoire te parlera. Elle réactivera en toi toutes les sensations agréables ressenties à l’époque. Et ça, putain, c’est cool.

L’histoire se partage entre des chapitres écrits à la première personne, où nous sommes aux premières loges dans la tête de Simon, et des retranscriptions des mails qu’il échange avec Blue. Un mec avec qui il a pris contact après avoir été subjugué par sa plume sur le Tumblr du lycée. Les mails échangés entre Simon et Blue donnent la pèche. Ils sont joyeux, frais et amusants, on a aucun mal à y croire, et très vite on commence à spéculer sur l’identité de ce mystérieux correspondant. À peu près tous les garçons gravitant autour de Simon vont y passer. Mais la réponse se trouverait-elle ailleurs ?

Nous sommes ici face à une romance complétement moderne. Simon et ses potes vivent au XXIe siècle, iels communiquent via facebook, lisent des fanfics Harry/Drago et ne se séparent jamais de leur smartphone. Il m’est arrivé de lire des bouquins où l’auteurice tentait de donner cette impression d’actualité et se plantait en beauté. Texte trop lourd, ado caricaturaux, on sentait qu’iel faisait de son mieux pour parler d’une génération qu’iel avait quittée depuis trop longtemps. Ici, en revanche, c’est fluide, léger et crédible. C’est agréable et on se laisse vite emporter.

Des héros et des héroïnes hors des clichés ?

Ce titre a aussi le bon goût d’éviter de tomber (trop) dans les clichés. Comme cela, le beau gosse sportif peut jouer de la guitare et aimer les jeux vidéos (ouais, j’avoue que lui, il fait un peu trop Mr Parfait, par moment), la beauté de l’école peut être Noire et le geek autoproclamé peut aussi être un petit rigolo. Je ne vais pas dire qu’on ne retrouve aucun cliché du genre, mais il y a une vraie intention de les gommer au max. Et, si l’autrice pèche un peu de ce côté, ce serait avec le personnage de la meilleure amie, qui est ronde, écrit des fanfics yaoi et ne se sent pas hyper bien dans son corps. Juste un poil caricaturale, tu me diras ? Pas faux. Enfin, jusqu’à ce qu’elle nous surprenne, peu avant la fin.
On peut donc ajouter ça aux points positifs : une super galerie de persos plus ou moins hors des clichés et franchement adorables.

Aucun perso en trop.

J’ai aussi beaucoup aimé qu’aucun personnage ne soit amené gratuitement. On a bien sur quelques figurant·e·s, que ce soit parmi les sportifs ou les étudiant·e·s de la troupe de théâtre, mais on ne les place pas dans une scène avec un certain caractère pour leur faire subir un virage à 180° 100 pages plus loin, juste parce qu’iels n’ont que peu d’importance.

Exemple à la con et qui ne risque pas de te spoiler : Simon a un chien. On en parle un peu au début, et il sert même à introduire un autre personnage. Dans pas mal de bouquins, il disparaitrait de l’histoire une fois sa tâche accomplie (on voit ça beaucoup avec les frères et sœurs aussi, voir les parents).  Or, un chien, plus encore qu’un être humain, ne va pas aller vivre sa vie tout seul pendant les semaines ou les mois que dure le roman. Et encore moins revenir pile quand ce sera justifié. Dans bien des bouquins, arrive un moment où l’on se dit « Bah, il avait pas un chien/petit-frère/dragon enchainé dans la cave, le héros ? Pourquoi il est jamais à la maison ? »

Ici, non. Simon continue d’interagir avec son chien tout au long du roman, sans pour autant que celui-ci se transforme en aventure canine à destination des 8-12 ans. Et, bien sûr, il en va de même pour tous les autres persos. Et c’est cool. (Tu comprends que j’utilise l’exemple du chien pour ne pas trop te parler des persos humains et te laisser le plaisir de les découvrir par toi-même, et non parce qu’il est hyper important, n’est-ce pas ?)

Parmi les nombreuses choses que j’ai aimées, j’ai aussi envie de noter la réflexion de Simon quand il découvre qui est Blue (Est-ce vraiment un spoiler ? On sait, on se doute dès le départ, qu’ils se trouveront à la fin, non ?) et qui est là pour nous pousser à penser un peu plus loin. Ou, encore plus loin.

Un bouquin feel good, où t’as le droit d’être homo et heureux en même temps.

Bon, bien sûr, Simon passera par quelques moments pas cool, ses ami·e·s aussi, d’ailleurs, parce qu’au sinon il n’y aurait pas vraiment de rebondissement dans l’histoire et elle serait un peu trop plate. Mais nous ne sommes vraiment pas, ici, dans un roman tout larmoyant où le héros, parce qu’il est gay, ne parvient pas à trouver le bonheur ou même le moindre moment de réconfort.
Simon est gay. Okay. Mais il est aussi, et avant tout, un ado qui fait du théâtre, aime les oréos, passer du temps avec ses ami·e·s et écouter de la musique. Et s’imaginer dans les bras de Blue, oui, d’accord.

Parfois, j’ai trouvé Simon un peu trop mature pour un ado de 16 ans. Il lui arrive par moments de sortir des phrases que je n’ai jamais entendues dans la bouche d’un adolescent et qui donnent l’impression qu’il est âgé de quelques années de plus. Mais, bon, c’est loin d’être dans la majorité des cas, et il se peut aussi qu’il soit juste plus mature que je ne l’étais à 16 ans (et ce ne serait pas très surprenant).

Pourquoi il faut l’offrir ce Noël ? Parce que c’est une histoire qui fait du bien et qui nous pousse à remettre en question certaines choses considérées comme « normales » ou acquises.

À qui il faut l’offrir ? Aux ados, qu’iels sachent qu’on a le doit de ne pas être « dans la norme », ou même mieux, qu’en fait, la norme ça n’existe pas vraiment. Aux lecteurices qui n’ont pas l’habitude des histoires LGBTQ+ et qui voudraient s’y mettre avec un petit titre facile et sympa.

En résumé

Points résolument positifs : la variété dans les persos, l’écriture simple et fluide, le côté feel good.
Point hélas négatif : quelques jeux de mots qui ont été traduits de façon pas toujours optimale et qui donnent, en français, des choses un peu tirées par les cheveux.
Question : le délire avec les oréos du début à la fin, c’est un placement de produit, ou bien ?
Ça fait plaisir : un film adapté du roman sortira l’année prochaine.

3 thoughts on “Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens – Becky Albertalli”

    1. Moi aussi 😀 Même si, au vu de la bande annonce, je pense que ça ne plaira pas à mon copain (et à moi, franchement, je ne sais pas…), seulement on va toujours au cinéma ensemble, c’est un truc qu’on aime bien faire à deux. Peut-être que cette fois j’embarquerais plutôt mes nièces, elles devraient plus aimer que lui ^^

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