La maison de la sorcière – Howard Phillips Lovecraft

La maison de la sorcière - Howard Phillips Lovecraft Titre : La maison de la sorcière
Nouvelle
Pays d’origine :
Angleterre
Thèmes : 
sorcière – cauchemars – physique quantique – autres mondes
Auteur : Howard Phillips Lovecraft
Édition : Domaine public
Nombre de pages : 42
Date de la parution originale :  juin 1933
Prix : 0€ numérique
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Il en dit quoi le résumé ?

Étaient-ce les rêves qui avaient amené la fièvre ou la fièvre les rêves ? Walter Gilman n’en savait rien. Derrière tout cela était tapie l’horreur sourde, purulente de la vieille ville et de l’abominable mansarde moisie, à l’abri d’un pignon, où il étudiait, écrivait et se colletait avec les chiffres et les formules quand il ne se retournait pas dans son maigre lit de fer. Son oreille devenait d’une sensibilité surnaturelle, intolérable, aussi avait-il depuis longtemps arrêté sur la cheminée la pauvre pendule dont le tic-tac finissait par lui sembler un fracas d’artillerie. La nuit, les mouvements indistincts de la ville obscure au-dehors, les sinistres galopades de rats dans les cloisons vermoulues, et le craquement des poutres invisibles de la maison séculaire lui donnaient à eux seuls l’impression d’un pandémonium de stridences. Les ténèbres grouillaient toujours de sons inexplicables – et pourtant il tremblait parfois que ces bruits-là ne cessent pour faire place à certains autres, plus assourdis, qu’il soupçonnait de rôder derrière eux.

Et moi, j’en pense quoi ?

Première rencontre officielle avec Lovecraft.
J’ai souvenir d’avoir tenté une approche de Cthulhu il fut un temps et avoir décroché aussi sec mais c’était à des années-lumières d’ici, je ne sais pas si on peut vraiment compter ça comme une véritable entrée en la matière.

Il semblerait que de nombreuses allusions à la mythologie présentent dans ses autres livres soit développées ici. À part le Necronomicon et, dans une moindre mesure, Nyarlathotep, dont il me semblait avoir déjà entendu le nom auparavant mais que je n’aurais pas d’instinct associé à l’univers Lovecraftien, je dois bien admettre qu’elles me sont totalement passées au-dessus. Ce n’était donc peut-être pas le choix le plus judicieux que de commencer par ce récit en particulier.

Cela dit, même sans ces connaissances préalables il est tout à fait possible de comprendre l’histoire et d’y entrer. Ne tergiversons donc pas plus là-dessus.

Beaucoup de références aux autres écrits de l’auteur.

Le héros, Gilman, nous est présenté comme un étudiant enthousiaste et acharné. Il a loué une chambre dans une maison présupposée hantée par une vieille sorcière ayant échappé à son bourreau par un habile tour de passe-passe quelque 100 ans auparavant.

Passionné par cette légende, l’étudiant a volontairement cherché à habiter cette maison et plus précisément cette chambre réputée être celle de la sorcière. Si au début rien ne semblait s’y passer d’étrange, depuis peu le jeune homme y passe de très mauvaises nuits. Son ouïe s’est mise à se développer anormalement, si bien qu’il entend jusqu’aux prières du polonais qui habite deux étages en dessous. Et puis il y a la fièvre et les cauchemars qu’elle lui inspire.
Paradoxalement c’est également à ce moment qu’il va se découvrir une passion pour la physique quantique, qu’il va l’assimiler avec facilité et qu’il va théoriser quelques idées loin de paraitre saugrenues aux yeux de ses professeurs et condisciples. Persuadé que la vieille sorcière est parvenue à s’enfuir grâce aux mathématiques il va se mettre à la recherche de cette faille dans la réalité du monde en 3 dimensions qu’elle a pu trouver.

Fantasy ? Horreur ? Un poil de SF ? Où classer cette nouvelle ?

Mes connaissances en physique quantique doivent approcher celles de toute personne ne s’en servant pas dans son boulot. Autant dire qu’elles sont très faibles. Malgré ça, je trouve le sujet passionnant et je consomme par moments beaucoup de contenu y ayant trait sur internet. Ce qui ne me permet certes pas d’en faire quelque chose de très utile mais m’aura au moins permis de ne pas trop me perdre dans les explications esquissées par l’auteur.

Cette idée que les maths pourraient permettre, en les utilisant d’une certaine façon (nullement décrite en revanche), d’accéder à d’autres dimensions et que ces dimensions pourraient nous permettre de voyager en quelques secondes vers d’autres zones de l’univers ou simplement d’autres mondes est plutôt séduisante.
L’intervention d’une force surnaturelle est pourtant à l’œuvre. Même si c’est  n’est pas écrit noir sur blanc c’est très clair. Aucune connaissance particulière ne pourrait améliorer l’audition du jeune héros à ce point. Et les visites de la sorcière font quand même beaucoup penser à une sorte d’initiation, ou au moins à un recrutement.

Au début, je l’admets, j’ai trouvé ça un peu facile, et du coup chiant, toutes ces descriptions à base de « Il ne marchait ni ne grimpait, ne volait ni ne nageait, sans non plus ramper ni se tortiller; mais il faisait toujours l’expérience d’un mode de déplacement mi-volontaire et mi-involontaire » ou encore « Tous ces objets – organiques ou non – échappaient totalement à la description ou même à la compréhension ». Ma première réaction a été de bougonner. Ce serait vraiment difficile de nous expliquer ce que tu as en tête plutôt que de nous laisser faire tout le boulot, fainéant ? Du moins jusqu’à ce que j’essaie de me représenter la quatrième dimension, ou ce que Gilman pense être la quatrième dimension dans ces rêves fiévreux. Comment expliquer ça autrement que par ces mots d’incompréhension ?

Une nouvelle vite lue.

Le rythme est parfois un peu lent mais globalement ce n’est pas dérangeant. Je regrette la fin un peu abrupte mais les personnages m’ont donné envie d’en savoir plus à leur sujet, il est donc très probable que je cherche à en apprendre plus sur leur origine d’ici peu.

Finalement, malgré toutes les références que j’ai dû zapper je trouve que ce n’est pas une si mauvaise idée de commencer par ce texte. Il est court et on en vient vite à bout, ce qui est une grande qualité si on n’accroche pas trop au style (ce qui n’a pas été mon cas). Mais il introduit aussi quelques personnages qu’on aura le plaisir de revoir plus tard si on choisit de lire d’autres ouvrages de l’auteur.
C’est donc une assez bonne découverte dont je te recommande la lecture.

En résuméTouille Halloween

Points résolument positifs : récit court permettant de se familiariser avec le style et l’univers de Lovecraft. Une idée départ sympathique et originale. 
Point hélas négatif : Thème trop vite survolé.

4 thoughts on “La maison de la sorcière – Howard Phillips Lovecraft

  1. Je trouve que tu en ressors quelque chose de plus positif que moi Je suis d’accord avec toi, l’absence de connaissances en physique quantique, n’empêche pas la compréhension mais pour autant, je l’ai trouvée un peu trop portée sur la physique et les maths…
    1. J’ai vu après avoir écrit ma critique que beaucoup de gens n’avaient pas trop aimé, je ne sais pas trop à quoi c’est dû ni pourquoi moi j’ai trouvé ça assez sympa. C’est peut-être très différent de ses autres écrits ? Comme je n’ai lu que celui ci je ne peux pas juger.

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