L’usine à Bulles 2016 – Festival de BD Liège

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Hey bande de concombres hypoallergéniques !

Dimanche passé, mués par une envie de découvrir de nouveaux horizons bédéesque, nous avions décidés de nous rendre au premier festival L’usine à Bulles se déroulant dans la cité miroir.
Un bâtiment entièrement rénové il y a quelques années et qui, dans le temps, n’était autre qu’une piscine. Ça peut d’ailleurs se deviner sur les quelques photos moches que j’en ai ramené. Les bassins ayant été laissé en l’état avec leurs carrelages délavés et leurs escaliers d’accès.

En fait ce serait presque triste qu’il ne s’agisse plus d’une piscine parce que ça semblait plutôt agréable de s’y baigner.

L'usine à Bulles 2016 - Festival de BD Liège 2016

L’endroit était plutôt bien choisi, en plein cœur de la ville, facilement accessible et, Oh god ! à coté d’une brasserie ! Indispensable par cette chaleur. Pas hyper simple de se garer (gratuitement) juste à coté mais ce n’est pas très grave non plus, rien, à Liège, n’étant réellement loin même à pied. En tout cas c’est l’impression que j’en ai toujours eu.

Un nouveau festival à Liège : on dit OUI !

Le festival était encore un peu petit mais on l’excusera, il ne s’agissait que sa première année après tout.
Il était délimité assez clairement en quatre zones :

  • Les fanzines. Sur lesquels on tombait en tout premier lieu. Et ça c’est vraiment bien, il était ainsi impossible de les zapper.
  • Les pros. Cachés du peuple sous une tente noire, un espace cosy pour rencontrer leurs fans en toute intimité et où je ne veux même imaginer la chaleur qui devait y régner. A moins qu’iels n’aient eu l’airco ? Mais j’en doute.
  • Une partie expo. Faisant le tour de l’espace dédicaces pour les planches (du projet Crocodiles et des séries Urban et les Petits Mythos).  Et dans l’espace Fanzine pour les superbes sculptures de Mr Hublot.
  • Un espace interactif. Où des activités (plutôt pour les plus jeunes) et conférences étaient proposées.

L'usine à Bulles 2016 - Festival de BD Liège 2016

On est arrivé un peu tard (14h ?) si bien que la seule personne dont j’aurais aimé une dédicace n’était déjà plus disponible. Je vous laisse spéculer sur son identité dans les commentaires si ça vous amuse mais ça a finalement très peu d’importance.

Je ne suis pas du genre à courir après les dédicaces. Quand je peux en avoir une je trouve ça sympa, bien sur. Mais si je dois choisir entre faire la file une heure pour être la xieme personne à demander un hérisson qui fait du vélo sur la Lune à un.e auteurice qui n’en peut plus ou visiter la convention pour y faire, éventuellement, de belles découvertes, je risque fortement de choisir le mouvement.

Parenthèse blabla. Zappez donc si ma vie ne vous intéresse pas

Cela dit ce n’est que ma façon de voir les choses. Je comprends et respecte totalement les gens qui peuvent faire la file pendant des heures pour rencontrer leurs idoles. Le problème vient peut-être de là en fait, je ne suis suffisamment fan de personne.
Je pourrais pourtant certainement trouver une demi heure à une heure pour un dessin d’Old Xian. Mais les probabilités pour que je læ croise à une convention belge sont infinitésimale, on est d’accord.

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La parité homme-femme en BD

Le bon coté c’est que ça nous a évité d’avoir à faire la file dans la chaleur de plomb qui pesait sur le festival (la faute aux baies vitrées qui accentuaient le coté four ?). Au lieu de ça on a pu faire le tour des fanzines plusieurs fois, en suant quand même, faut pas se faire d’illusions, discuter avec certaines personnes (mais pas trop, vous savez que je perds tous mes moyens face à des êtres humains, aussi gentil.le.s soient-iels) et dépenser un peu de simflouzs, mais pour la bonne cause. 

Ce petit tour fut l’occasion de remarquer que la parité homme-femme n’était pas loin d’être parfaitement respectée au niveau des fanzines. Des filles, des gars et probablement quelques personnes entre les deux. Ce qui signifie quand même très clairement que, oui, il y a autant de femmes que d’hommes dans la Béday d’aujourd’hui.
Limite on pourrait se demander si elles ne sont pas devenues plus nombreuses.

Et, là ou le bât blesse, c’est que ce n’était absolument pas le cas en ce qui concerne les invité.e.s officiel.le.s.

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Sept femmes. Sur une soixantaine de guest. Sept.

Ça fait un peu mal au cul ou bien ?

Très sincèrement je n’ai pratiquement aucun doute sur le fait que les organisateurs ne l’ont pas fait exprès. Il est même plus que probable qu’ils se soient assurés d’avoir inclus quelques dessinatrices dans leur sélection.
Après le scandale du festival d’Annecy, qui ne remonte qu’à 9 mois, rappelons le. Même si 9 mois ça peut paraitre une éternité dans le monde en perpétuel mouvement de l’actualité. Je ne peux pas croire que la question des femmes bédéistes ne les ai pas effleuré, eux qui bossent dans le milieu.

Sauf que bon, sept sur soixante, quoi !

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Un univers macho ? On ne peut rien faire ? Mon cul !

Je sais, on va me répondre que la BD est un univers machiste et sexiste. Que c’est pas nouveau. Que c’est déjà pas mal d’avoir pensé à inviter des femmes. Peut-être même me direz vous qu’ils n’en ont pas trouvé plus. Sauf que, d’un, ce n’est pas parce qu’une chose est nulle qu’on ne doit pas essayer de la changer (au contraire, bordel de cul) et de deux, je n’y crois pas.

Non, en 2016, la BD francophone ce n’est plus seulement un tas d’hommes cinquantenaires qui dessinent des gros nez.
Il en reste, et même que beaucoup d’entre eux sont très talentueux, je ne remet absolument pas ça en question. Qui serais-je pour le faire ? Mais ils ne sont plus seuls ! Et, aujourd’hui plus encore qu’hier, il faut se faire une raison, la bédé francophone est plus diversifiée que jamais et beaucoup de jeunes ont fait leur entrée dans le game. Les années à venir se jouerons avec elleux, que ça plaise ou non.

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Qu’on soit bien d’accord, mon but ici n’est pas de soulever une polémique énorme et encore moins d’enfoncer ce petit festival qui débute tout juste. Vraiment, non.
Mais, si cet article pouvait remonter d’une façon ou d’une autre jusqu’à qui de droit pour que, l’année prochaine par exemple, un semblant de parité soit respecté, pour que l’équipe organisatrice remarque qu’il y a effectivement un problème et qu’elle travaille à sa résolution, ce serait vraiment cool.

Un festival au gros potentiel

Parce que ce festival est une super initiative. Et je l’encourage autant que je le peux. J’espère le revoir l’année prochaine, puis la suivante et la suivante, et la suivante encore. J’espère aussi voir que l’espace alloué aux Fanzine aura encore grossi, que les auteurices connu.e.s ne seront plus tenu.e.s à l’écart, que la parité sera respectée et même que ça deviendra un événement majeur de la région.
Sincèrement.

Mais avant ça il y a des choses à régler.

Ça manque de noms dans ton article !

Bon, du coup je ne vous ai pas du tout parlé des Fanzines qui ont retenu mon attention alors que c’était mon intention. Donc, je vous ferai un second article qui leur sera exclusivement consacré d’ici quelques jours.

En attendant j’attends vos avis en commentaires. La parité dans ce genre d’événement, vous en dites quoi ? Vous avez visité le salon ? Il vous a fait quel effet ?

L'usine à Bulles 2016 - Festival de BD Liège 2016

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2 thoughts on “L’usine à Bulles 2016 – Festival de BD Liège

  1. Ne connaissant pas bien l’univers de la BD je n’ai pas vraiment d’idée sur la parité dans ce milieu. Quelle est la proportion de femmes chez les professionnels ? Peut-être que le problème devrait se régler en amont, qu’on retrouve chez les pros la même proportion de femmes que chez les auteurs de fanzine.
    1. Le problème avait été soulevé lors du Festival d’Annecy (pour résumer ce qu’il s’était passé : Aucune femme dans la sélection d’auteurs en lice pour gagner le Grand Prix de cette année. Ça avait fait beaucoup de remous, certains auteurs allant jusqu’à refuser leur prix. A ce moment là on avait appris qu’en 42 ans d’existence du Festival une seule femme avait gagné le prix et que chaque année le nombre d’entre elles à concourir était bien inférieur à celui des hommes, voir inexistant).
      Et donc, une fois le problème soulevé beaucoup de noms avaient été proposés et clairement oui, il y a un paquet d’autrices de BD. Mais elles sont moins mises en avant donc moins connues, donc moins mises en avant, donc moins connues… Mais elles sont aussi nombreuses ou presque.

      C’est précisément ce genre d’événements qui doit les mettre en avant (ou juste simplement ne pas les mettre en retrait) pour qu’elles soient visibles et donc (re)connues.

      Bon, alors par contre les concernées en parlent beaucoup mieux que moi. Sur http://bdegalite.org/ tu trouveras tout ça expliqué mieux et plus en profondeur. Puis en suivant les liens donné ici et là sur le site tu tomberas sur plein de blogs très intéressants tenus par des gens du milieu qui savent mieux que moi de quoi iels parlent 😉

Quelque chose à ajouter ? Fais le ici.