La véritable histoire de Noël – Marko Leino

La véritable histoire de Noël - Marko LeinoTitre : La véritable histoire de Noël
Roman
Pays d’origine :
Finlande
Thèmes : 
Noël – famille – deuil
Auteur : Marko Leino
Édition : Michel Lafon Poche
Nombre de pages : 329
Date de sortie :  10 novembre 2016
Prix : 6,60€
Acheter La véritable histoire de Noël sur Amazon.

Il en dit quoi le résumé ?

Au cœur de la Laponie, le pays des neiges éternelles, le jeune orphelin Nicolas est recueilli par les habitants de son village. Mais ils sont tous trop pauvres pour pouvoir l’adopter. Le Conseil des Anciens prend alors une décision inédite : chaque année, le garçon sera pris en charge par une famille différente, et il en changera le jour de Noël.
Avec une étincelle d’espoir et de joie de vivre, Nicolas décide de se consacrer à sa passion : fabriquer des jouets. Le garçon va ainsi raviver l’émerveillement dans cette région glacée. Et pourrait bien être à l’origine d’une des plus belles légendes.

Et moi, j’en pense quoi ?

Pour une histoire vendue un peu partout comme feelgood, je l’ai, personnellement, trouvée bien triste.

Alors qu’il perd ses parents et sa petite sœur en mer, le jeune Nicolas, qui n’a pas d’autre famille, se voit dans l’obligation d’aller habiter avec les gens du village d’où sont originaires ses parents et où il devra changer de résidence, et donc de famille d’accueil, chaque année, le jour de Noël. Jour de la disparition et de la mort présumée de sa famille.
Le village en question est petit et les habitant·es ne sont pas très riches. Ainsi, il est décidé, à l’annonce de la mort des parents, que chaque foyer devra s’occuper durant toute une année du petit garçon, jusqu’à ce qu’il soit assez grand pour se prendre en charge tout seul. C’est ça ou l’abandonner, et comme les villageois·es ne sont pas des méchant·es, iels ne peuvent se résoudre à faire une pareille chose.

Une histoire douce-amère.

La première année n’est pas simple pour l’enfant qui cherche à s’isoler autant que faire se peut pour ne pas déranger. Mais dans ce premier foyer, vit un autre petit garçon à peine plus jeune que lui, et, bien vite, tous deux deviennent inséparables. Nicolas prend alors sur lui de faire en sorte que celui qu’il considère d’ors et déjà comme son frère (sentiment qui se renforcera encore avec les années) soit aussi heureux que possible.

La première séparation, au bout d’une année de cohabitation est dure. Celle qui suivra le sera tout autant, et celle d’après aussi. Au fil des ans, Nicolas apprend à connaitre et à aimer chaque habitant·e un peu plus, et au bout du compte ce n’est plus une famille de quatre personnes qu’il a, mais bien d’une trentaine. Pourtant, il érige sciemment un mur entre lui et les autres, car il est triste de devoir à chaque fois quitter celles et ceux qu’il a appris à aimer.

Et là, est le premier problème, d’après moi. Si je peux comprendre qu’il s’éloigne des villageois·es par crainte de souffrir quand il devra les quitter, je trouve que vu la taille du village (une dizaine d’habitations) ça ne tient pas trop debout. Car même s’il vit dans une autre maison, aucun de ses nouveaux/elles ami·es n’est jamais bien loin. Son frère, il peut le revoir autant qu’il veut, tous les jours s’il le faut. Il ne dort juste plus dans la même chambre que lui. Et il en va de même pour tous·tes les petit·es qu’il va prendre sous son aille.
À cause de ça, j’ai du mal à comprendre la froideur de Nicolas et son éloignement. Ça ne tient pas et c’est juste une excuse pour rendre la suite plus tragique encore.

Un nouveau foyer.

Car une année, vers ses 12 ans, les récoltes seront à ce point mauvaises, qu’il sera impossible pour quiconque d’encore garder l’enfant. Chose que je trouve extrêmement dure, sachant que chaque adulte présent·e au village l’a élevé comme son fils pendant toute une année à un moment ou à un autre… Et c’est là que fait son apparition un homme étrange qui ne descend au village que quelques fois l’an pour vendre des objets en bois qu’il sculpte lui-même dans son atelier.
Cet homme, bien qu’il haïsse les enfants, et n’aime pas trop les adultes non plus, va accepter de prendre Nicolas comme assistant au moins jusqu’au Noël suivant après avoir vu le talent du jeune garçon qui, depuis tout petit, sculpte des cadeaux en bois pour ses frères et sœurs. Et si celui-ci s’attendait à connaître une année désastreuse loin de ses ami·es et de l’océan, il ne va pas tarder à s’attacher à cet étrange ermite dans lequel il va enfin retrouver un père.

L’amour qu’ils vont se porter l’un l’autre est l’un des plus beaux qu’il m’ait été donné de lire sur le sujet. Et l’évolution que ce soit de Nicolas ou d’Isakki est spectaculaire.

Attention spoiler concernant la vie avec Isakki et la fin du livre. Souligner pour lire.

>>> Et là, ok, je peux comprendre la détresse et le désespoir de Nicolas quand son ami, son mentor, son père adoptif, vient à mourir. Après toutes ses années où le vieil homme fut le centre de son univers, sa réaction tient la route. 

La façon dont il s’éloigne ensuite de tout le monde, le changement dans son caractère, l’isolement qu’il s’impose, le deuil qu’il refuse de faire, etc. Tout ça dénote une tristesse horrible, un abattement parfaitement compréhensible quand on sait à quel point la vie n’a pas été tendre avec lui avant sa rencontre avec le vieux sculpteur de bois.

Et on en vient à la fin. Une fin qu’on pourrait attendre joyeuse ou optimiste, puisqu’elle est sensée amener à la naissance du Père Noël tel qu’on le connait, et alors que la fille de son frère est parvenue à lui rendre un peu de sa joie de vivre. Mais où, moi, je ne vois que le suicide d’un homme à bout de souffle. <<<
La fin n’est pas belle à mon sens, et elle est même terriblement pessimiste.
Mais, peut-être n’étais-je pas dans de bonnes dispositions quand je l’ai lue ? Va savoir. Après tout, je n’ai pas interprété de la même façon la fin du Labyrinthe de Pan la première et la deuxième fois où je l’ai vu.

Malgré tout, pour l’histoire entre Nicolas et Isakki, pour la magie distillée de-ci de-là, pour l’écriture agréable et fluide, j’ai plutôt aimé ce livre. Mais non, vraiment non, il ne s’agit nullement pour moi d’une lecture feelgood. On ne termine pas un livre feelgood avec des larmes dans les yeux.

Pas de pitié pour les romans !! (challenge et défi Dorothée 2018)En résuméDéfi lecture 2018

Points résolument positifs : une très belle histoire d’amour père-fils, une jolie légende, de bons personnages et une écriture fluide.
Point hélas négatif : l’abandon de Nicolas par le village, qui ne tient pas debout alors qu’il s’agit de bonnes personnes, la fin, qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.

Quelque chose à ajouter ? Fais le ici.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.