La station balnéaire qui attendait la mer – Bertrand Menut

La station balnéaire qui attendait la mer - Bertrand MenutTitre : La station balnéaire qui attendait la mer
Roman
Pays d’origine :
Belgique
Thèmes : 
absurde
Auteur: Bertrand Menut
Édition : Paul&Mike
Collection : P&M-ROMANS
Nombre de pages : 200
Date de sortie :  24 février 2017
Prix : 14,90€ broché – 4,99€ numérique
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Il en dit quoi le résumé ?

« − Nos experts sont formels, coco ! Le réchauffement climatique joue pour nous. Dans moins d’un an, le bord de mer se trouvera ici, à deux pas du centre-ville… »

Bogart est un habitué des boulots insolites – il a été testeur de grille-pain pour un magazine féminin. Lorsque le très sérieux bureau d’accommodation des vieux diplômes lui propose un poste de gardien de phare, il accepte sans hésiter. La mer est pourtant loin, mais les spécialistes sont formels : elle arrive !
Bientôt, la hausse du niveau des eaux transformera cette ville de province en une grande station balnéaire.
Et dire que la population n’a que quelques mois pour se préparer à cette formidable aubaine…

Et moi, j’en pense quoi ?

Un titre étonnant, une couverture attrayante, un résumé intrigant et quelques premières critiques dithyrambiques. Comment résister à ce combo mortel ? Quand en plus on t’annonce que tu as gagné le livre grâce à la dernière opération masse critique de Babelio, toutes les circonstances sont réunies pour être sur de passer un bon moment.

Et puis tu reçois le livre et quelque chose te fait tiquer sur la quatrième de couverture, quelque chose qui n’était pas présent dans le résumé en ligne.

Le monde imaginé par Bertrand Menut est une fourmilière grouillante où cohabitent des collectionneurs de meubles en kit, de superbes femmes aux silhouettes ondulantes et des personnages aussi fantasques que délirants.

Il y a un truc qui te chiffonne. Mais tu choisis de te reprendre. T’assenant des phrases toutes faites telles que « Tu vois le mal partout » ou « Il ne faut pas juger un livre à sa couverture ». Quoi qu’en l’occurrence ce serait plutôt à son résumé, voir à l’avis d’une tierce personne. Ce qu’en fait il t’arrive de faire puisque tu consultes régulièrement les avis des lecteurices avant d’acheter un nouveau bouquin.

Mais soit. La voie de l’impartialité se fait plus forte. Et c’est en tachant d’être aussi neutre qu’un nourrisson venant de naitre, que tu attaques la première page. Et si elle n’a rien de spécial elle ne mérite pourtant pas non plus que tu t’acharnes sur son dos. Alors tu continues.  Et c’est là que tes doutes premiers commencent à prendre un peu de consistance.

Ah, ces romans qu’on attend avec impatience !

Comprends-moi bien, je ne partais pas du tout avec un mauvais à priori sur ce bouquin. Loin de là.
Il se peut donc que ce soit ce qui a rendu la chute si vertigineuse.

Dés la première page tu comprends le principe. Le style se veut drôle et absurde. Tu sais que tu vas être confronté.e à des situations bien loufoques et, si tu es comme moi, ça ne te dérange pas. Il se peut même que tu te dises « Chic, voilà quelque chose qu’on ne voit pas assez ». L’ennui, c’est que l’absurde ça se dose avec doigté, au risque de tomber dans le lourd et le prétentieux.

Il serait facile de cataloguer d’idiots et d’incultes les gens n’accrochant pas avec le style « absurde mais pas trop » de l’auteur. Qui, bien qu’il semble vouloir partager un secret avec ses lecteurs, n’est pas parvenu à le faire voyager jusqu’à moi. Parce que le coup du « j’emploie des mots compliqués pour avoir l’air intelligent alors que mon histoire est grotesque et que c’est justement là que se cache toute la beauté et la dualité de mon œuvre » ça n’a, à mon sens, rien d’un secret. C’est tout au plus une astuce grossière pour se mettre un certain type de lectorat dans la poche.

Après, je n’exclus pas la possibilité qu’il n’y ait qu’à moi que ça n’ait pas parlé. Ce qui, en toute logique, devrait me pousser à me remettre en question. C’est fou comme il est facile de virer vieux con.

Les personnages féminins dans La station balnéaire qui attendait la mer.

Eh oui, ça ne t’aura pas échappé, avec ses lecteurs. Pas avec ses lecteurices.
J’ai peine à croire que Bertrand Menut ait pu imaginer une seule seconde que son œuvre puisse plaire un seul instant à la gent féminine. En fait, je pense qu’il n’a tout simplement pas pensé à cette moitié de la population quand il a écrit son roman.
Ou alors il y a pensé mais avec un tel dédain et paternalisme crasse qu’il aurait mieux fait de juste l’oublier.

Eh oui, il est temps de passer au second gros point noir de cette histoire : Les femmes. Ou plutôt le traitement des femmes.

La totalité des personnages féminins n’est là que pour décorer. 

Ouep. Il ne s’agit ni d’une grande majorité ni de presque toutes. Non.
Toutes. Les. Femmes. De. Cette. Histoire. Sont. De. Jolis. Pots-de-fleurs. Dotés. (Parfois). De. Paroles.
Toutes, putain !

Il y a déjà Miss Gable, l’intérêt amoureux du héro. Qu’on ne peut imaginer que dans un de ces tailleurs de secrétaires des années 30. Pas la bombasse qui se tape le détective, hein. Non. Plutôt la gentille et timide secrétaire bien du peuple. Qui va rire en faisant hihi et marcher à tout petits pas rapides en déblatérant de grandes phrases sur l’amour et le temps qui passe.

Puis il y a la femme citée dans l’ajout au résumé. Celle qui a une silhouette ondulante et qui marche en permanence sur un air de salsa tout en envoutant tous les hommes alentour tant son parfum est extatique.
Bien sûr on nous dit qu’elle est aussi très intelligente et qu’elle parle couramment anglais. Mais qu’est-ce qui nous le prouve ? Nous, on la voit juste déambuler en ondulant du cul. D’ailleurs elle n’a pas une seule foutue phrase de toute l’histoire. Pas une !

Traitées en groupes ? C’est encore pire.

Je ne te parlerai même pas de toutes ces mères de famille qui promènent leur marmaille au parc ou dans les rues. Probablement toutes veuves, vu qu’aucun homme ne les accompagne jamais quand il est question de sortir Jean-Kevin et Brenda-Helen. À croire qu’iels ont été conçu.e.s par opération du Saint Esprit.

Tout comme je n’aborderai pas le chapitre sur la brigade de femmes policières (dirigée par un homme, évidemment, faut pas pousser non plus). Créé parce qu’un malfrat se cachait dans les vestiaires des femmes et que donc il en fallait quelques-unes pour aller le déloger.

Histoire que ce soit clair : Le coup des policiers ne voulant pas entrer dans les vestiaires des femmes pour chopper un méchant n’est pas un problème. Ça fait partie de l’absurde du livre et je l’ai très bien compris. Tout comme le fait qu’elles fassent leur boulot comme des quiches. Elles sont ainsi mises au même niveau que leurs collègues masculins. Le problème tient au fait qu’avant cette mésaventure il n’y avait pas une seule policière dans toute cette foutue ville. C’est ça, que je pointe de mon gros doigt boudiné.

Pour info ; j’ai subi un raid aérien de moustiques ou autres bestioles dégueulasses cette nuit et mon doigt est présentement gros et boudiné. Je ne suis pas juste entrain de me déprécier gratuitement.

Sexiste et prétentieux ? Wow ! N’en jetez plus.

Alors que les personnages masculins sont variés et, on pourrait presque dire, intéressants, toutes les femmes sortent du même moule et aucune n’a un caractère spécifique ou encore un poste à responsabilité.
Pourtant on a un maire, un directeur de banque, un autre de magasin, deux chefs de la police, deux gérants de troquet et le patron de l’office d’accommodations des vieux diplômes. Tous des hommes.
D’ailleurs, tous les figurants sont également des hommes ; serveurs, déménageurs, lèche-bottes de service, scientifiques, écrivains, étudiants…
Les rares femmes sont soit secrétaires, soit mères de famille. Belles perspectives d’avenir.

A côté de ça, reste-t-il quelque chose à sauver ?

Franchement, c’est dur de trouver des points positifs après tout ça.
Pourtant, de temps en temps, on a droit à un bon mot, à une petite phrase prêtant à un vrai sourire. Mais c’est bien rare et toujours gâché par toutes les choses qui ne vont pas.

Comme tu le vois, c’est une grosse déception. Parce que, oui, après un tel résumé et les quelques avis que j’en avais lu, j’en attendais beaucoup de ce bouquin.
Espérons que la prochaine pioche sera meilleure.

En résumé

Point résolument positif : Deux-trois moments amusants.
Points hélas négatifs : Sexiste et prétentieux à crever.

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7 thoughts on “La station balnéaire qui attendait la mer – Bertrand Menut

  1. « je n’exclus pas la possibilité qu’il n’y ait qu’à moi que ça n’ait pas parlé » => ça me semble plus sage, effectivement.
    (sinon, vous devriez utiliser un correcteur orthographique et grammatical, votre texte est truffé de fautes)
    1. Attends, que je comprenne bien ; Tu (oui, on est sur internet, on va se tutoyer, hein) es tellement à cours d’arguments que tu m’attaques sur mon orthographe ? C’est pas un peu petit ?

      Mais pour quand même te répondre : Oui, en ce qui concerne l’histoire, chacun.e est libre de l’apprécier ou non. D’ailleurs ce n’est pas vraiment une chose que l’on choisi, ça s’impose plutôt à nous tout seul. Et mon avis ne vaut ni plus ni moins que celui de quelqu’un qui aurait adoré ce livre. Je crois qu’on est encore libres d’en avoir, d’avis.

      Mais pour ce qui est de la question du traitement des personnages féminins, je ne vois vraiment pas comment on pourrait défendre ce texte. Autant ce genre de chose est « excusable » quand on parle de romans du début du XXe ou encore plus vieux. Parce que les hommes ayant écrit des bouquins non sexistes à cette époque étaient quand même foutrement précurseurs. Autant c’est tout bonnement inadmissible aujourd’hui que de telles choses soient encore éditées.
      Et de voir que pas une personne chez Paul&Mike, parmi toutes celles qui ont du avoir le bouquin dans les mains à un moment, n’a vu de problème ni n’a remis en cause cela à un moment ou à un autre, ne donne absolument pas envie de s’aventurer à découvrir d’autres titres de la maison d’édition.

      1. Hello, écoute, déjà je ne t’attaque pas, je note juste que ton texte est plein de fautes (ce qui me semble un peu paradoxal pour toi qui souhaites parler de littérature). Concernant le traitement féminin, je pense que tu auras noté qu’il s’agissait d’une farce et on ne peut pas dire que les personnages masculins soient particulièrement reluisants. Le livre est un miroir déformant de notre société, telle qu’elle est aujourd’hui. L’inégalité homme-femme prégnante dans notre société ne t’aura pas échappé au niveau de la représentation professionnelle, elle se retrouve logiquement dans le livre (qui, encore une fois, est un roman comique). D’ailleurs, « Femmes d’aujourd’hui » et « Marie France » qui, a priori, s’adressent à un lectorat féminin ne s’y sont pas trompés puisque ces deux magazines y consacrent un superbe article. Tu es (environ) la 15ème chronique et la première à pointer une supposée misogynie, j’en conclus que le problème n’est peut-être pas à chercher dans le livre 😉
        1. Je n’ai jamais ouvert ces magazines, ce qui fait que je n’ai aucune idée du niveau de leur potentielle implication féministe ou pas. De même, il est improbable que ce soit l’entièreté de la rédaction qui ait aimé le bouquin mais uniquement la personne chargée de le chroniquer (pour peu qu’elle l’ait lu en entier. Les chroniqueureuses de magazine qui survolent juste les bouquins ce n’est pas rare à en croire certaines personnes du milieu). Le fait que la critique passe dans un magazine ne signifie pas grand chose. Ce n’est toujours l’avis que d’une personne de plus. 50 nuances de Grey a aussi été encensé par tout un tas de magazines.
          Je reconnais quand même que ça risque de faire de la pub pour le livre, plus qu’un article sur un blog ou sur Babelio, ça oui. Mais ça ne dit rien de concret sur sa qualité.

          « Le miroir déformant de notre société, telle qu’elle est aujourd’hui. » Mouais. Ok, admettons. Sauf que ça enfonce des portes déjà grandes ouvertes. Tous les personnages sont des abrutis, ok, ça je l’avais compris. Mais les hommes ont le droit d’être des abrutis très différents les uns des autres alors que les femmes sont toutes semblables.
          Je n’ai pas franchement l’impression que ce livre ait eu pour vocation de critiquer le monde sexiste dans lequel on vit. On a plutôt l’impression que les personnages sont des hommes parce qu’il était plus naturel pour l’auteur de créer des personnages hommes.
          (Je m’explique un peu plus là dessus dans la réponse faite à Louise, ici en dessous.)

          Le fait que ce soit Miss Gable qui trouve comment sauver tout le monde ne suffit pas à gommer le reste du bouquin.

          Je ne dis pas que ça a été fait consciemment mais ce n’est pas une raison pour ne pas le souligner.

          Pour ce qui est des fautes dans mon texte, oui, ce serait probablement mieux s’il n’y en avait pas. Hélas tout le monde n’est pas à égalité à ce niveau.
          J’ai toujours fait beaucoup de fautes, ce qui d’ailleurs me sidère au vu du nombre considérable de livres lus depuis mon enfance. Ce qui n’est pas une excuse, tu me diras. Et si je cherche constamment à améliorer ce que je sais être une de mes lacunes il est parfois bien difficile de mettre le doigt sur la faute à corriger (et à assimiler) quand, même après plusieurs relectures, on ne la voit toujours pas.

          Par acquis de conscience j’ai quand même relu ma critique et l’ai passée par un correcteur de grammaire. Il en a trouvé 6 ou 7 je pense. Et moi quelques unes de plus, plutôt dues à la distraction. Ce n’est pas ce que j’appellerais un texte bourré de fautes mais c’est probablement mieux sans, oui. (Je m’attendais vraiment à en avoir laissé une toutes les deux phrases. Ça me faisait chier, j’avais l’impression de ne pas avoir évolué depuis l’école.)
          Tu remarqueras d’ailleurs que, personnellement, j’essaie de prendre les critiques en compte et tente d’améliorer mes points faibles. Même quand ça pique un peu.

          Néanmoins, si je te suis, ça voudrait dire qu’une personne qui a quelque chose de potentiellement intéressant à soulever mais qui ne sait pas le faire sans laisser quelques fautes ou maladresses, quelle que soit la raison pour laquelle elle les fait d’ailleurs, devrait ne pas être écoutée ou, mieux encore, simplement la fermer ?
          Je suis de mauvaise fois et déforme tes propos (mais juste un poil), je te l’accorde. Et c’est mieux s’il n’y a pas de faute, certes. Dire le contraire serait hypocrite de ma part. Mais quand le premier commentaire laissé suite à une critique (ki été kan mm loin dés tre raidi j’ai com sa) ne s’attarde presque exclusivement que sur ce sujet, tu avoueras que ça laisse songeur 😉

          1. Non mais soyons clairs, les mags féminins (en général) sont de piètres représentants de la cause féministe (c’est le moins qu’on puisse dire), par contre ils ne défendent pas un point de vue misogyne (faut pas exagérer non plus). J’en parle avec d’autant plus de facilité que je travaille pour Version Femina, donc je connais un peu le système.
            Concernant la surreprésentation des hommes, soyons clairs, au-delà du fait que c’est une farce, cela parle d’anciens diplômés techniques, genre école d’ingénieurs, qui sont en France comme en Belgique à représentation majoritairement masculine (c’est ainsi, on n’y peut pas grand-chose). Cela parle aussi du milieu politique, paf pareil (j’arrête là, je pense que tu comprends le concept).
            Contrairement à toi, je ne trouve pas du tout que les femmes soient maltraités. D’autant moins, que l’on fait très attention chez Paul&Mike à ce traitement sexiste car nous sommes assez sensibles au sujet (d’ailleurs notre dernière parution est un recueil de nouvelles féministes qui s’intitule « Allez les filles, debout ! »), donc je trouve ton « procès » assez injuste.
            Concernant les fautes d’orthographe, c’était une petite pique pas sympa, mais mon premier post était surtout pour te dire que tous les goûts sont dans la nature et que ton avis (quoiqu’isolé) a le droit d’exister. C’était l’objet de ma première phrase 🙂
  2. Bonjour,

    Je tenais à répondre à votre critique parce que j’ai aussi lu ce roman, et même si en substance je comprends certains points que vous évoquez, je la trouve assez injuste – en plus par principe, je trouve ça toujours dur de descendre le premier roman d’un jeune auteur.

    J’avoue que moi aussi en lisant la quatrième de couverture, j’ai tiqué sur les « superbes femmes aux silhouettes ondulantes »… J’ai eu peur qu’on ait d’un coté le héros, et de l’autre coté une série de « potiches bien roulées » (du genre Charlie et ses drôles de dames). Bon, en l’occurrence ils font référence à un seul personnage féminin, qui est présenté comme une caricature de la femme parfaite : belle, intelligente, polyglotte… Tellement irréelle que dans l’histoire on nous la présente d’abord comme un objet de science en réalité.

    Pour le reste c’est fou mais j’ai vraiment eu une lecture radicalement différente de la votre : moi j’ai vu les personnages féminins comme le réel moteur de l’action ! Pour moi ce ne sont pas du tout des jolis pots de fleurs : si au début elles ont l’air un peu passives, à la fin de l’histoire ce sont elles en réalité qui sont hissées au rang d’héroïnes, alors que les personnages masculins ont tous l’air complètement à la masse ! D’ailleurs, je trouve que les rôles « traditionnels » masculins sont souvent renversés dans le livre : c’est miss Gable qui drague franchement Bogart, qui parle de ses projets professionnels et de son rêve d’auto-entreprenariat, qui met les pieds sous la table en rentrant du boulot pendant que Bogart lui prépare sa soupe, qui comprend la première ce qui se passe avec les meubles (je ne veux pas « spoiler » la fin du livre non plus !), et qui sauve la ville entière quand même (fortiche le pot de fleur); c’est M-A qui prend le rôle traditionnel du chevalier servant qui va secourir sa belle en récupérant Artaban dans sa cellule… Si vous relisez le livre, vous verrez peut-être comme ça plein de détails qui vous auraient peut-être échappé la première fois ? (Par exemple pour moi les mamans et leurs enfants rois sont justement moquées et critiquées, pas encensées comme un modèle de féminité à suivre !).

    Les hommes sont en revanche régulièrement amochés par contre : entre les gros nazes, les opportunistes, les lèche-bottes, les maladroits, les alcooliques et les carrément débiles, certes les profils sont divers mais personnellement je n’y vois pas non plus une glorification de la gente masculine…! Les policières dont vous parlez sont présentées comme celles qui se tapent tout le boulot pendant que leur chef – certes un homme – va se saouler au bar du coin.

    Le livre n’est pas non plus un pamphlet féministe (mais il ne s’est jamais vanté de l’être, ni une œuvre réaliste et représentative de la société d’ailleurs : c’est de l’absurde !), mais là j’ai l’impression d’avoir lu un autre livre que vous en fait. J’entends que les avis sont subjectifs et d’ailleurs je trouve certaines de vos remarques intéressantes, mais je vous trouve hyper violente dans vos propos, c’est dommage ! Personnellement j’ai beaucoup aimé ce livre et j’y ai perçu des choses différentes (notamment des choses que vous n’évoquez pas : une critique de la société de consommation, des codes normatifs traditionnels, de l’absurdité de l’administration…).

    1. « Les hommes sont en revanche régulièrement amochés »

      Justement. Il y a une grosse différence de traitement entre hommes et femmes. Si ces premiers peuvent être des gros nazes de plein de façons différentes, ces dernières n’ont pas cette chance.
      Elles sont lissées et, vu qu’elles sont très peu nombreuses, il y a également peu de nuances et de diversités chez elles.
      Avec seulement deux personnages féminins (+ une vieille frustrée qui fuit les hommes et un tas de travailleuses sans perspective d’avenir à la botte d’un incompétent) on peut difficilement dresser un portrait sarcastique et vaguement complet de la société.

      Ma critique est peut-être un peu agressive, c’est pas faux. Mais je n’en peux plus de lire des choses comme ça.

      Si la moitié des persos masculins avaient été remplacés par des persos féminins (en gardant 100% de leurs attributs. Leur mauvaise fois, leur lâcheté, leur idées stupides… Tout peut être gardé, vraiment) mon avis aurait probablement été beaucoup moins négatif.
      Il est peu probable que j’aurais davantage accroché à l’histoire mais j’aurais en tout cas eu bien moins de choses à reprocher sur le fond.

      Or là, cette façon de traiter les femmes de façon différente, en les amochant peut-être un peu moins, en les gardant toujours au second plan, en ne les inscrivant jamais dans l’action, sauf une fois pour chacune histoire que l’honneur soit sauf, en les gardant plus « propres » mais aussi plus lisses, plus transparentes, m’apparait comme terriblement condescendante. Et je ne parviens plus à rester cool face à ça. Même si ça n’a (probablement) pas été écrit dans ce but.

      Mais sérieusement, même l’histoire de M-A est racontée par Artaban ! Ne sait-elle vraiment pas parler, cette parfaite créature bilingue ? Si vraiment le but de son sauvetage était de casser l’impression qu’elle donne au premier abord, n’aurait-il pas mieux valu qu’elle explique elle même comment et pourquoi elle a fait ce qu’elle à fait ?

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