La dernière licorne – Eva Kavian

La dernière licorne - Eva KavianTitre : La dernière licorne
Roman jeunesse
Thèmes :  handicap – relation entre sœurs – famille

Autrice : Eva Kavian
Édition : Mijade
Nombre de pages : 212
Date de sortie :  13 mars 2008
Prix : 9€
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Il en dit quoi le résumé ?

On se ressemble depuis toujours, Anna et moi, mais depuis que j’ai rattrapé sa taille, depuis que j’ai laissé pousser mes cheveux, on pourrait nous prendre pour des jumelles. Je pense que maman ne supporte pas ça.HJe suis tout ce qu’elle aurait voulu pour Anna, et je ne suis pas Anna. Je suis son clone, son double préservé. L’usurpatrice assassine : elle avait huit ans et moi six, nous jouions à papa-maman, mais je ne me souviens de rien. J’étais dans les bras d’Anna, ma poupée est tombée et je rue suis penchée pour la ramasser Anna a perdu l’équilibre et notre famille a basculé dans l’escalier.

Et moi, j’en pense quoi ?

J’adore te présenter mes coups de cœur. Le problème, je crois, c’est que je parle assez mal d’eux.

Ce petit livre je l’ai loué à la bibliothèque. Je ne connaissais ni l’autrice ni la maison d’édition. J’ai juste aimé le titre. Et le t-shirt des deux filles sur la couverture.
Franchement, tu choisis souvent tes prochaines lectures sur des détails aussi futiles ?

Note pour plus tard : se laisser guider plus souvent par des détails futiles !

Cette histoire c’est celle d’une ado de 14 ans plutôt ordinaire. Elle se dispute sans arrêt avec sa mère, d’ailleurs elle pense que cette dernière ne l’aime pas, trouve que son père n’a aucune personnalité, rêve d’avoir 16 ans pour pouvoir sortir en boite, déteste le sport et le prof qui l’enseigne, attend son premier baiser et, oh oui, elle a une sœur aphasique. Une sœur qui ne parle pas ou très peu, qui vit dans son propre univers et qui a arrêté l’école à 8 ans. Anna, cette sœur, n’est pas née comme ça, elle l’est devenue après un accident. Un accident que leur mère a toujours imputé à notre héroïne.

Pourtant, malgré sa différence Anna semble heureuse. Elle fait du vélo, le ménage chez les voisins, sort au Saturday tous les vendredis et cache peut-être même l’une ou l’autre chose à sa petite famille. Elle ne semble pas heureuse, elle l’est. Peut-être qu’elle ne vit pas comme tout le monde, qu’elle parle peu et ne comprend pas les phrases trop compliquées mais, grâce à maman qui, à l’aide de marqueurs de couleurs et de tâches journalières compartimentées, à créé un lien entre elle et le reste du monde, elle vit sa vie de façon de plus en plus autonome chaque jour.

Quand leurs vies basculent. Deux fois.

Ça du moins c’est en théorie. En pratique un évènement vient de tout bousculer.
La mort du grand-père (zéro spoiler, on l’apprend en première page) et ce qui en découle va amener l’héroïne à se faire passer pour sa sœur et à déménager pour quelques temps. La bas, dans ce nouvel endroit, alors qu’elle est partie pour aider Anna, elle va découvrir tout ce que cette dernière a à lui apporter. En regardant le monde à travers les yeux de sa sœur elle va apprendre beaucoup de choses sur celle ci, ses parents, la vie et plus encore sur elle même.

Son prénom est souvent révélé dans les critiques que j’ai lues. Pourtant on ne l’apprend que vers la page 100 et ce n’est pas innocent. A partir du moment où son prénom est lâché, ou elle se nomme elle même, un changement s’opère chez l’héroïne. Alors qu’elle parle essentiellement d’Anna jusque là, elle se met subitement à s’intégrer elle même dans l’histoire. C’est aussi à partir de ce moment là que le regard qu’elle porte sur sa sœur, sur ses parents, sur elle même et sur le monde en général va se mettre à évoluer.

Je ne te révèlerais donc pas son prénom, parce que pour moi ce n’est pas un hasard si l’autrice a choisi de le garder secret pendant la moitié du livre.

Parler de handicap sans chercher à apitoyer.

C’est étrange et du coup assez difficile d’en parler parce que ce n’est pas vraiment le genre de livre que je pensais pouvoir apprécier.

L’héroïne est adolescente et on n’évite pas quelques clichés du genre; les parents sont nuls, ma vie pue, personne ne me comprend, etc. Sauf qu’au lieu de s’enfermer dans un schéma autodestructeur, plaintif et, avouons le, un peu barbant, l’histoire s’ouvre sur un apprentissage d’un genre différent. Cette sœur qui est comme un idéal à atteindre malgré son handicap, est dépeinte de façon magistrale. L’amour que l’héroïne lui porte, l’amour qu’elles se vouent l’une l’autre, ça sonne presque trop beau. L’héroïne ne manque pas de sarcasme. Elle commence en nous dépeignant sa vie misérable d’adolescente mais elle le fait avec un langage direct sans jamais larmoyer ou s’apitoyer. Et puis elle passe à autre chose et nous avec. L’épreuve qu’elle s’inflige lui permet de grandir très vite et c’est un plaisir de l’accompagner lors de ce cheminement.

Écriture agréable et directe.

L’écriture peut surprendre. Écrit à la première personne, les dialogues nous sont rapportés de la bouche même de l’adolescente narratrice, comme quand on raconte une discussion que l’on a eue à une autre personne. Privée de la parole pendant une partie de l’histoire elle a tendance à rêver éveillée mais elle nous raconte les deux sur le même tons. Deux formes de récits se succèdent et je n’ai pas très bien compris pourquoi. La narration normale de chaque instant et leur conclusion sous forme de bilan, jour après jour, nous relatant les évènements survenus ensuite. Un peu à la manière d’un journal.

La fin est peut-être un poil hors sujet mais on l’excuse facilement, la voyant plutôt comme une sorte de prologue. Comme une façon de boucler la boucle en rapport avec un évènement se produisant dans les premières pages.

Comme je te le disais, ce livre est un coup de cœur. Et je ne sais pas exactement pourquoi. Peut-être pour son traitement de l’amour entre sœurs, pour son écriture, pour sa façon de parle du handicap. Ou peut-être pour tout ça à la fois.
Je te le conseille, donc.

En résumé

Points résolument positifs : La façon dont le handicap est traité, l’écriture, le style.
Point hélas négatif : La fin peut-être un peu trop parfaite.

Défi lecture 2017

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