Horrorstör – Grady Hendrix

Horrorstör - Grady HendrixTitre : Horrorstör
Roman
Thèmes : Horreur – Fantôme – Critique du monde du travail
Nombre de volumes vf : 1 (terminé)
Nombre de volumes vo : 1 (terminé)

Auteur : Grady Hendrix
Édition : Milan et demi
Nombre de pages : 240
Date de sortie :  19 aout 2015
Prix : 19,00€
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Il en dit quoi le résumé ?

Il se passe quelque chose d’étrange au magasin de meubles d Orsk à Cleveland, en Ohio. Ces derniers temps, les employés découvrent, en arrivant le matin, des étagères Kjërring démontées, des piles de gobelets Glans renversées, des armoires Liripip fracassées…
Les ventes sont en berne, les responsables de rayon en panique : les caméras de surveillance ne montrent rien d anormal.
Pour lever le mystère, une équipe de trois employés se retrouve engagée pour rester sur place toute une nuit. Au cœur de l obscurité, ils arpentent les allées du showroom désert, courent après d inquiétants bruits et finiront pas se confronter aux pires horreurs…

Une histoire de maison hantée qui prend place dans un décor contemporain : « Horrorstör » a pour trame de fond une critique cinglante de la société de consommation. Ces grands espaces de vente, qui mettent en scène un prétendu bonheur, se retrouvent comparés à une prison labyrinthique où un mode de pensée unique est imposé aux pénitents par la torture.

Et moi, j’en pense quoi ?

Ok, je l’avoue, comme des tas d’autres lecteurices j’ai, moi aussi, d’abord craqué pour le design du bouquin.
C’est qu’un roman au format catalogue Ikea avec un plan du magasin en première page et des présentations de mobilier à la fin de chaque chapitre ça ne court pas les étagères des librairies en temps normal.

Horrorstör - Grady Hendrix Plan

Dés sa sortie je l’avais donc repéré mais je le trouvais un peu cher. Donc, cette semaine, quand je l’ai vu à la bibliothèque et malgré les tonnes de lectures m’attendant à la maison grâce à Noël et à mon anniversaire, j’ai craqué.

Addictif

Première constatation; le rythme est très bon. Je l’ai terminé en une journée ce qui se fait rare ces temps ci.
Peu de temps mort, un suspense finement amené et addictif, ce roman est conçu comme un magasin Orsk, pour qu’on s’y sente bien et qu’on en oublie le temps qui passe.
Tous les personnages ou presque nous sont présentés dans les premières pages et ils sont assez variés et différents pour éviter de les confondre.
Ils sont tous un peu agaçants à leur façon mais étrangement ça ne les rends pas antipathiques, juste crédibles. Enfin, la plupart du temps.

Le design qui fait 50% du boulot

Gros coup de cœur pour la mise en page avec tous ces détails inutiles à un roman mais qui rendent si bien le coté catalogue, tel que le bon de commande, le plan du magasin (très utile pour situer l’action), les pubs, bons de réductions et pages de présentations des articles (qui évoluent d’ailleurs à mesure que l’histoire plonge dans l’horreur absolue).

Pour tous ces points c’est un livre que je classerais plutôt comme bon et que j’aurais envie de conseiller.

Malgré tout il a aussi ses défauts.

Dés le premier chapitre nous sommes projeté.e.s dans le vifs du sujet. Amy n’aime pas son boss, Basil, et fait de son mieux pour l’éviter. On apprend aussi rapidement que des choses étranges ont été rapportées dans le magasin, des stocks qui disparaissent, des objets abimés, etc. Le genre de choses qui laisse penser qu’un rôdeur s’introduit probablement dans le magasin pendant la nuit.
Et puis il y a les SMS flippants que reçoivent les employé.e.s et que personne n’a réussi à tracer. En vingt pages seulement on en sait autant que les protagonistes. Ça s’est fait de façon très fluide, on a été présenté au deux tiers des personnages principaux et il suffira d’un chapitre de plus pour que les pièces se mettent en place et que notre petit groupe se retrouve de nuit dans le magasin à la recherche qui de fantômes, qui d’un intrus plus tangible.

C’est là que les phénomènes paranormaux vont débuter. Et que certaines réactions des héro.ïne.s vont me sembler encore plus surnaturelles que les évènements qu’iels vont vivre. Hélas, ce sont aussi et surtout les explications qui vont cruellement manquer.

Horrorstör - Grady Hendrix

La partie qui va suivre comporte quelques spoilers mais aucun ne dévoilant des choses intervenant après le chapitre cinq (+/- 1/3 du bouquin) et rien sur la résolution.

Que ce soit les inscriptions sur les murs qui apparaissent en un battement de cils ou l’hallucination vécue par Amy et Matt ainsi que quelques autres évènements plus tard dans l’histoire, aucun ne sera véritablement expliqués et les personnages vont les accepter un peu trop facilement.
Alors, oui, ce qui se passe dans le bâtiment est de nature paranormale mais ça n’empêche pas certaines choses d’être expliquées, alors pourquoi laisser ces points là, assez nombreux en plus, en suspend ?

Aussi, mais je suis peut-être de nature trouillarde, si ma caméra filmait des choses qui ne se trouvent pas devant moi, si le décor changeait après que j’ai simplement tourné la tête de coté, je n’attendrais pas de voir ce qui se passerait ensuite. Je sortirais du bâtiment en emportant les autres de grès ou de force, quitte à devoir les assommer avec un vase d’exposition et les tirer par les pieds.
Iels acceptent trop facilement de continuer et  de rester dans le bâtiment à un moment où iels ont encore la possibilité d’en sortir.

Après, c’est un peu le principe des films et des romans d’horreur, tu vas me dire. Mais ça m’a toujours semblé illogique.

La suite étant un spoiler bien plus important elle sera écrite en blanc. Si tu veux la lire quand même il te suffit de la surligner.

Le plus gros point d’incompréhension est pour moi ce qu’à changé la séance de spiritisme ? Le portail s’est normalement ouvert à ce moment là mais alors comment se fait-il que des objets aient commencé à disparaitre avant cette nuit ?
Il y a aussi l’histoire des flics, pourquoi ne parviennent t-ils pas à trouver le magasin ? Est-ce que la manufacture a une influence sur le monde extérieur ? Et les SMS d’appel à l’aide doivent signifier que d’autres vivant.e.s sont coincés dans la ruche. Mais on ne parle d’aucune disparition au sein des employés. Et, encore une fois, pourquoi le portail est-il toujours ouvert des mois après l’incident ? Si l’ouvrir une fois suffit à pouvoir le laisser ouvert pour toujours Worth n’a aucune raison de se réjouir de son ouverture après le sacrifice de Carl.

Trop de points sont flous !  Rah !

Fin du spoiler.

Voilà, si tu as lu la partie spoilers tu sais qu’il y a des choses pas très cool dans ce roman. Beaucoup de points non expliqués. Tu les remarqueras lors de ta lecture et ils te sembleront encore plus énervants une fois celle ci terminée, quand tu pourras y repenser. En tout cas c’est l’effet que ça a sur moi.

Et pourtant, malgré ça, c’est une lecture que j’ai assez aimée. Ce n’est ni l’histoire ni le dénouement du siècle, ça manque un peu trop d’explications par moment à l’exception du « Ta gueule c’est paranormal » mais le rythme est vraiment bon et l’histoire emporte facilement.

Ça ne deviendra pas mon livre préféré mais ça restera une expérience agréable et un peu flippante.
Je te le recommande malgré ses défauts pour peu que tu ne t’attendes pas à une histoire qui va révolutionner le genre. Mais plutôt en prêt ou en occasion, c’est trop vite fini pour un bouquin à 19€.

En résumé

Points résolument positifs : L’excellent rythme, le format et la mise en page originale.
Point hélas négatif : Les nombreuses incohérences, les phénomènes inexpliqués.

4 thoughts on “Horrorstör – Grady Hendrix

  1. Arfff c’est vrai que c’est agaçant quand on te balance des choses illogiques sans aucunes explications derrières.

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