Harry Potter et l’Enfant Maudit – J.K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany

Harry Potter et l'Enfant Maudit - J.K. Rowling, Jack Thorne, John TiffanyTitre : Harry Potter et l’Enfant Maudit
Pièce de théâtre – parties un et deux
Pays d’origine :
Grande Bretagne
Thèmes :
  magie – relation père/fils – amitié – aventures
Auteur.ice.s : J.K. Rowling, Jack Thorne, John Tiffany
Édition : Gallimard Jeunesse
Collection : ROMANS ADO
Nombre de pages : 352
Date de sortie :  14 octobre 2016
Prix : 21€ album – 14,99€ numérique
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Il en dit quoi le résumé ?

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu.
Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Et moi, j’en pense quoi ?

Quelques spoiler concernant la première partie du livre sont à prévoir, sinon je vais avoir beaucoup de mal à en parler. Si tu veux commencer ta lecture comme moi, c’est à dire sans rien en savoir, tu sais ce qu’il te reste à faire.

Après le dur retour à la réalité une fois la dernière page du dernier tome d’Harry Potter tournée, la révélation ce fit à moi. Inutile d’abandonner l’univers magique tout de suite, il me restait un tome à lire. Inédit en plus, vu que j’attendais cette relecture pour le découvrir. Harry Potter et l’enfant Maudit.

Même si, à la base, je n’en attendais pas grand chose, ce qui explique pourquoi je ne l’ai pas lu plus tôt, l’état dans lequel la fin de la saga me laissait m’obligeait soit à me le procurer au plus vite histoire de rester encore un peu dans l’ambiance, soit à me mettre aux fanfics. Et comme je n’ai pas trop le temps de m’encombrer d’un fandom de plus…

La suite de Harry Potter ? Mouef, une nouvelle histoire dans le même univers, plutôt.

Albus, le second fils de Harry et Ginny, fait sa première rentrée à Poudlard et il craint, pour une raison que nous ignorons, d’être envoyé à Serpentard. Papa-Harry le rassure, s’il ne veut pas aller à Serpentard il lui suffira de le demander au choixpeau. Après tout, il l’a bien fait, lui. Et c’est ce qu’Albus aurait peut-être fait également, s’il n’avait rencontré Scorpius, le fils de Drago Malefoy, dans le Poudlard Express. L’alchimie passe si bien entre eux que le jeune garçon ne verra plus d’un si mauvais œil le fait de ne pas être envoyé dans la même maison que tous les membres de sa famille.

Les premiers années d’études des deux garçons se déroulent en accéléré sur quelques pages. On comprend qu’ils s’apprécient beaucoup malgré l’opposition de leurs familles et que chaque année creuse un peu plus le fossé entre Harry et son fils alors qu’elle rapproche plus intimement que jamais les deux adolescents.

De nombreuses disputes entre le père et le fils, une incompréhension mutuelle manifeste et quelques mots méchants assenés lors d’une confrontation de trop vont pousser Albus à s’enfuir, entrainant Scorpius dans son sillage pour réaliser de grandes choses. Une grande chose en particulier. Une chose que son père, le célèbre Harry Potter, celui qui a tué Voldemort et rendu le monde meilleur alors qu’il était à peine plus âgé que lui, n’a pas réussi à faire. >> Sauver Cédric Diggory << Ça c’est du méga spoiler qui risque de te mettre sur la voie de ce qu’il va entreprendre. Souligne le texte pour pouvoir lire. (Ce système à base de >> Texte caché en blanc sur blanc << est utilisé tout au long de l’article pour cacher les plus gros spoilers.)

Beaucoup de références et un récit qui brosse les fans dans le sens du poil.

Je craignais un peu de trouver dans cette histoire des minis Harry et Drago mais les deux garçons sont vraiment différents de leurs pères (je ne dirais, hélas, pas la même chose pour Rose, la fille d’Hermione, en revanche…) Les héro.ïne.s des précédents romans ont d’ailleurs elleux aussi beaucoup évolué. Une vingtaine d’année a passé, iels sont devenu.e.s des adultes et, comme tout adultes qui se respecte, iels ont oubliés ce que ça fait d’avoir 17 ans. (…) On ne retrouve donc pas celleux à qui nous étions habitué.e.s. Et si c’est un peu agaçant ce n’est pas non plus illogique, tout le monde changeant au moins en partie en vieillissant.
Même si c’est un poncif quand on fait intervenir d’ancien.ne.s héro.ïne.s en les reléguant au statut de parents des nouveaux persos principaux, je t’avoue que ça me déplait toujours de voir que tout le monde devient au bon du compte un vieux con. Comme si personne ne se souvenait de sa jeunesse.

A part ça, on retrouve de nombreuses références à la saga et ça fait forcément plaisir. Que ce soit les prophéties, le retour de certains professeurs ou (spoiler) >> la démonstration de l’utilité des précautions exigées de la part des voyageur.euse.s temporel.le.s. (Ce qui nous fait nous demander encore plus à quoi pensait McGonagall en laissant Hermione jouer avec un retourneur de temps pendant toute une année… Les conséquences pouvant être à ce point grave. <<

Pas aussi indigeste que je l’avais craint.

Je craignais que le fait qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre rende la lecture lourde ou ennuyeuse. Et c’est vrai qu’on perd forcément en descriptif, ce genre d’œuvre étant faite pour être regardée et non lue. Mais en fait ça passe très bien. Les dialogues sont généralement bons et à part l’une ou l’autre petites facilités l’impression qui s’en dégage une fois la lecture terminée est très bonne.

J’ai apprécié les personnages bien plus que je n’aurais cru pouvoir le faire. Même les vieux Harry, Hermione et compagnie et leurs insupportables manies de grandes personnes. J’ai aussi trouvé qu’il était extrêmement simple de se laisser emporter dans l’histoire. Pour moi c’est un coup de cœur. Même si je vais quand même avoir des choses à lui reprocher. Et même s’il doit être indiscutablement plus agréable de voir la pièce que de la lire, ne serait-ce que pour profiter de la mise en scène qui semble devoir être grandiose quand on en lit les descriptions entre les dialogues.

J’espère d’ailleurs aller la voir un jour. En français si elle est un jour traduite ou même en anglais si elle se joue toujours lors de mon prochain séjour à Londres (qui n’est absolument pas prévu dans l’immédiat…)

Quelques défauts sont tout de même à noter.

Outre le changement de caractère opéré par les ancien.ne.s héro.ïne.s, que l’on peut mettre sur le fait que tout le monde semble changer en grandissant et plus encore en devenant parent, on regrettera qu’Astoria, l’épouse de Drago et mère de Scorpius, ne soit pas d’avantage exploitée. Elle qui a réussi l’exploit de rendre Drago fréquentable n’a droit qu’à quelques lignes l’évoquant par ci par là. >> La tuer était-il vraiment indispensable ? <<

L’antagoniste, dont je ne révélerais rien, n’est pas non plus hyper crédible (Big spoiler) >> de par son histoire et surtout sa parenté  Il m’est très difficile d’imaginer Voldemort avoir un enfant avec Bellatrix (ou avec qui que ce soit). Vraiment. << Ça en fait un personnage plutôt bateau, qu’on a du mal à prendre au sérieux.

Je t’aime… Bien ! Je t’aime bien. Évidemment.

Et puis bien sur, la plus grosse déception concerne la relation entre Albus et Scorpius. Dés leur rencontre les deux garçons se voient unis par un lien extrêmement fort, (Spoiler) >> Scorpius va même devoir se battre pour faire revenir Albus à la vie après avoir foutu le bordel dans le passé. << Le fait qu’à la fin ils confirment leur « amitié et rien de plus » en parlant de filles alors que le sujet ne s’y prêtait absolument pas semble n’être là que pour rassurer les lecteur.ice.s sur leur hétérosexualité. Pourtant, tout au long de l’histoire on a des dizaines d’indices concernant leurs sentiments plus qu’amicaux. Ne pas les affirmer c’est une chose (et je l’aurais même compris) mais les nier comme ça c’est pourri. Autant ne pas laisser planer le doute du tout, alors.

Rowling confirme donc une fois de plus qu’elle n’ose pas dire faire apparaitre clairement des personnages homos dans ces histoires. Parce que révéler après coup (et surtout hors bouquin) que Dumbledore est gay ou que Dean et Seamus ont fini ensemble c’est un peu facile. On ne se mouille pas dans le canon et on tente de grappiller du capital sympathie auprès de la communauté LGBT+ sous la table. C’est pas hyper courageux pour quelqu’un qui clame  son ouverture d’esprit en ayant mis des persos gays dans sa saga hyper populaire.

Il y a aussi cette histoire de polynectar. Ou, diable, l’ont-iels trouvé ? Il faut un mois pour le préparer…

Très agréable quand même.

Enfin voilà, malgré ces quelques gros points noirs je ne peux pas fustiger totalement cette histoire parce que je l’ai vraiment aimée. J’ai terminé le bouquin en une après midi, impossible de décrocher une fois commencé. Maintenant, est-ce que je l’ai davantage aimé qu’une fanfic particulièrement bien écrite ? C’est dur à dire…

En résumé

Points résolument positifs : Le retour de beaucoup de personnages qu’on a aimé, deux héros sympa qu’on prend plaisir à suivre.
Points hélas négatifs : Une méchante pas très crédible, une retenue ridicule au sujet de la relation Albus/Scorpius, d’ancien.ne.s héro.ïne.s vieillissant.e.s et fatigué.e.s.

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