Le cheval bleu se promène sur l’horizon, deux fois – Philippe Cassand

Le cheval bleu se promène sur l'horizon, deux fois - Philippe CassandTitre : Le cheval bleu se promène sur l’horizon, deux fois
Roman
Thèmes :
policier – gay
Auteur : Philippe Cassand
Édition : Éditions gaies et lesbiennes
Collection : Homo-Cassand
Nombre de pages : 188
Date de sortie :  2 juin 2009
Prix : 7€ poche – 2,99€ numérique
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Il en dit quoi le résumé ?

Hugues, notable dans une petite ville du Loiret, marié, deux enfants, est victime de chantage par lettres anonymes. On menace de dévoiler qu’il a non seulement des aventures masculines dans des lieux de perdition parisiens mais aussi une relation avec Fabien, un jeune homme de bonne famille, à Orléans…
Fabien entretient lui-même une liaison dangereuse avec un mauvais garçon sado-masochiste : Herbert. Ce dernier débarque à Orléans ; on le retrouve assassiné quelques mois plus tard sur un lieu de drague en plein air. Dans le même temps deux vieilles commères interfèrent dans les évènements, lesquels finissent par leur échapper et le superbe détective privé, embauché par Hugues pour dénicher le corbeau, finit par séduire tout le monde…
Ce crime a t-il un lien avec le message de la BBC pendant la seconde guerre mondiale : Le Cheval Bleu se promène sur l’horizon, deux fois… ? Les passions se déchaînent jusqu’au dénouement, totalement inattendu…

Et moi, j’en pense quoi ?

Avec ce titre l’auteur ne signe pas un portrait sociétale des plus optimiste. Entre le jeune bourgeois incapable de rester fidèle quitte à en souffrir (surtout s’il doit en souffrir ?), le médecin père de famille menant une double vie, les vieilles commères à moitié dingues, l’escroc violent et le détective un peu hautain au passé douloureux, Philippe Cassand nous livre une galerie de personnages qui pourraient être tous plus détestable les uns que les autres mais auxquels on fini pourtant par s’attacher.

Après avoir rencontré les principaux protagonistes au cours des premiers chapitres on suspecte que la résolution de l’enquête sera assez simple. On comprend assez vite les intérêts de chacun et chacune et il est un peu difficile de compatir aux histoires de ces gens qui passent leur temps à prendre de mauvaises décisions. Et puis, rapidement, de nouveaux personnages sont introduits et les relations qui se tisent et se détissent commencent à nous perdre. Petit à petit l’auteur nous embrouille et bien vite nous devenons aussi suspicieux que Hugues, le médecin victime de chantage. Plus aucun personnage ne semblent digne de confiance, on se met à suspecter tout le monde et l’arrivée du privé que l’on va suivre au moins en partie, ne va faire qu’éparpiller nos soupçons. Si bien que quand les masques tombent enfin on comprend que l’on vient de se faire habillement rouler dans la farine.

Une intrigue soignée et une résolution que l’on n’attend pas.

L’intrigue est menée de main de maitre. Des indices nous sont laissés de ci de là mais beaucoup ne sont présents que pour nous perdre dans le labyrinthe tracé par l’auteur à notre intention.

Le style est intéressant. Direct, clair, bref, il convient bien à une histoire d’enquête et on se laisse assez facilement emporter.

Les personnages sont recherchés, authentiques, pleins de défauts et terriblement crédibles. Sauf peut-être en ce qui concerne le détective, auquel il est un peu plus difficile de croire. Mais même cela fait partie de son histoire et de sa personnalité.

C’est une très bonne surprise.
Un auteur et une maison d’édition vers qui je reviendrais assurément.

Roman policier gay ?

Au départ j’ai un peu grincé des dents à l’idée d’un livre estampillé policier-gay. Après tout, s’il s’agit d’un thriller autant se contenter de la mention policier. Tout le monde devrait pouvoir lire une histoire où une partie des héros est homosexuelle. Sauf qu’il faut bien se rendre à l’évidence et admettre que des personnages principaux gays dans un livre présenté en tête de gondole c’est une chose que l’on voit plus que très rarement. Sincèrement, les deux seuls exemples que j’ai en mémoire sont Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers (qu’il faut vraiment que je lise un jour, j’en ai envie depuis que j’ai vu sa sublime couverture) et le bleu est une couleur chaude (qui, lui, n’a été mis en avant qu’après la sortie du film La vie d’Adèle). Ça ne fait pas des masses sur les centaines de titres mis en avant chaque année.

Et comme j’avais envie de lire une histoire avec des persos gay qui ne soit pas une romance (parce que les romances, errk, n’est-ce pas) j’ai fini par me faire à cette catégorisation. Et je ne le regrette absolument pas.

En bref

Points résolument positifs : La construction des personnages. L’intrigue.
Point hélas négatif : La couverture ! Pourquoi, diable, faire des choses aussi laides ? Le but d’une couverture n’est pas de donner envie d’ouvrir le livre ? Le fait que les personnages aient si peu de qualité. Alors, certes on fini par s’attacher à eux grâce à l’écriture mais ils sont tous tellement moisis de l’intérieur que, dans la vraie vie, leurs malheurs sembleraient presque justifiés.

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3 thoughts on “Le cheval bleu se promène sur l’horizon, deux fois – Philippe Cassand

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