(Bon)homme de pluie – un conte de Noël

Avertissement (10/12/16) !

Je remets cette nouvelle en ligne pour celleux qui souhaitent la découvrir mais elle n’a pas été relue depuis l’année passée.
Il reste des fautes (pas mal, d’après les retours que j’en avais eu) et certaines tournures sont peut-être un peu dégueulasse.

Elle sera relue et corrigée (peut-être même un peu retravaillée) en même temps que sa suite qui est en cours d’écriture.
Donc si vous voulez attendre jusque là, c’est vous qui voyez.

(Bon)homme de pluie

Vous avez pu la découvrir hier en avant première là bas. Aujourd’hui découvrez ici même la première partie d’une petite histoire de Noël que j’ai écrite pour le calendrier de l’avent Yaoi/Yuri du village d’Otsu.
N’hésitez pas à aller jeter un œil tous les jours jusqu’au 24 sur cette page pour lire (ou regarder) les cadeaux préparés par les autres participant.e.s.


 

 

(Bon)homme de pluie

 

La pluie ne cessait de tomber depuis des jours, ricochant sur les vieilles tuiles en ardoise grise du toit, ruisselant sur l’asphalte noire, rendant spongieuse la petite pelouse derrière la maison.
Affalé sur le divan millénaire, les pieds enfouis sous le plaid à carreaux rouge et noir, les bras ballants derrière le dossier et le menton posé sur celui ci Sam soupira bruyamment. Les yeux perdus sur le dehors moite, suintant, gris et froid il ressemblait à un jeune homme prêt à ne rien faire de la journée.
– Tu parles d’un réveillon de Noël grommela t-il dans sa barbe avant de se laisser tomber sur le coté, s’allongeant ainsi plus confortablement dans le divan.

Ça faisait six jours qu’il avait été envoyé passer les vacances de Noël et un peu plus chez sa grand mère pendant que ses parents s’offraient une seconde lune de miel à Cuba et six jours qu’il avait apprit qu’elle était elle même partie passer les fêtes en Espagne avec le club du troisième age. Qui devait être composé de pas loin des huit dixième du village où elle habitait d’après Sam, au vu du peu de monde qu’il y restait en cette fin décembre.

Et ça faisait donc six jours qu’il pleuvait presque sans discontinuer. Il n’y avait à la télé que des programmes abrutissants, le wifi passait très mal, du moins quand il passait, sa grand mère avait des gouts littéraires aux antipodes des siens et la petite maison accolée à la falaise avait eu tôt fait de lui révéler tous ses secrets. Point de passage secret ici, pas plus que de livre cochon caché derrière les Agatha Christie. Juste de vieux albums photos dont le moment le plus croustillant avait été une série de six photos de son père courant tout nu sur la plage alors qu’il était âgé de 3 ou 4 ans. Rien de franchement exaltant.

Sam s’ennuyait donc ferme. Il attendait la moindre accalmie pour sortir s’acheter à manger à l’épicerie du coin, espérant à chacune d’entre elles tomber sur quelqu’un de plus ou moins son age. Mais après une semaine d’errance il était finalement persuadé d’être le seul habitant de moins de 45 ans à des lieux à la ronde.

Au bout de quelques temps il fini par se relever, jetant une fois encore un regard par la fenêtre et le détournant aussitôt, accablé par la vue diluvienne.
Il avait espéré voir le facteur lui apporter les livres qu’il avait commandé quelques jours plus tôt, profitant d’un moment de réseau convenable. Il avait passé tout l’avant midi à la fenêtre de la cuisine, guettant l’homme au vélo mais quand celui ci avait enfin daigné se montrer il n’avait même pas ralentit à l’approche de la maison de la grand mère. Sam l’avait vu pousser fortement sur les pédales, souhaitant probablement terminer sa tournée et rentrer chez lui aussi vite que possible pour se sécher au coin du feu, réduisant ainsi à néant les espoirs du jeune homme de pouvoir s’occuper durant les 48 prochaines heures.

Sam traina sa grande carcasse jusqu’au frigo qu’il ouvrit et dont il scruta l’intérieur pendant une bonne minute avant de le refermer sans en avoir rien sortit. Il se dirigea alors vers le buffet, en sortit un paquet de cookies et s’en retourna vers le divan en trainant les pieds.
Avant de s’y laisser choir il jeta encore un œil dans le jardin. Si au moins la neige pouvait se décider à tomber il pourrait se laisser aller à redevenir un enfant et a rouler un bonhomme de neige, voire à construire un igloo. Qui pourrait se moquer de lui ? Il n’y avait aucun voisin direct, la prochaine maison se trouvait au moins à cent mètres et était de toutes façons inoccupée, ses résidents étant en train de faire la fiesta en Espagne avec sa grand mère.

Il s’apprêtait donc à se laisser tomber, se demandant s’il n’était pas possible de bricoler un truc avec de l’eau, comme ce serait le cas avec la neige quand quelque chose d’inhabituel attira son attention.
Ce jardin il commençait à le connaitre à force, hors ce petit monticule au bas de la falaise qui le délimitait tout au fond il ne le reconnaissait pas. Les goutes qui frappaient la vitre sans discontinuer brouillait la vue, Sam déposa donc son paquet de cookies sur la table basse et ouvrit la fenêtre en grand pour mieux voir cette forme qu’il ne reconnaissait pas. Un vent froid s’engouffra dans la pièce à cet instant si bien qu’il eu envie de la refermer sur le champ, cela dit il était tout de même curieux, était-il possible qu’un animal soit tombé de la falaise ? Si c’était le cas il devait s’assurer qu’il n’était pas toujours en vie et à l’agonie. Sam plissa les yeux dans le vent glacé et ne pu s’empêcher de laisser échapper un « Oh ! Merde. » quand il se rendit compte que ce qu’il avait pris pour un cerf était en fait un être humain.
En quelques secondes il eu refermé la fenêtre, pris le plaid usé et s’élançait en chaussettes dans l’herbe détrempée.
Arrivé prêt du corps il l’interpela.
– Hé ! Vous m’entendez ?
Pas de réponse, pas de mouvements. Sam eu peur que l’étranger ne soit mort, là, dans son jardin, alors qu’il était seul et n’avait aucun idée de comment réagir. Il leva la tête vers la falaise, elle n’était pas gigantesque mais il ne doutait pas qu’il soit possible de se tuer en la dévalant. Cela dit à sa connaissance peu de gens se promenait par là. Parfois on y voyait quelques biches ou encore un renard mais rien de plus, même les chasseurs délaissaient l’endroit, trop proche des quelques habitations et où ils étaient souvent accueillit à coup de tromblon chargé au gros sel.
Ramenant ses pensées vers l’étranger Sam s’accroupit à ses cotés et le fit se retourner sur le dos. Il s’agissait d’un garçon d’à peu prés son age, de longues mèches brunes lui barraient le front et il était simplement habillé d’un jeans bleu et d’un t-shirt rouge, tous deux trempés. Alors qu’il lui empoignait le bras pour le secouer Sam remarqua que le mot Wish était tatoué sur son biceps gauche, il l’effleura du bout de l’index. Que souhaitait-il, lui ? De la neige pour Noël, vraiment ? Ou arrêter de s’ennuyer pendant les vacances les plus longues de toute sa vie ?
Réalisant que l’inconnu était toujours évanoui il entreprit de le secouer une nouvelle fois.
« Hé ! Réveille toi. Hého. Monsieur, vous allez bien ? »
Monsieur ? Sérieusement ? Sam se surprit à se trouver reconnaissant de l’étourdissement de l’inconnu. Il ne pouvait  pas appeler un type de 18, 19 ans maximum monsieur, pas alors qu’il allait lui même sur ses 18. Ça le placerait dans une position inférieure, tel un enfant face à un adulte. Il secoua le garçon un peu plus fort, après tout il n’y avait aucune trace de sang sur lui, il ne pouvait donc pas avoir dévalé la falaise. N’obtenant aucune réponse il prit le pouls du jeune homme, sa poitrine s’élevait au rythme de chaque respiration donc il ne devait pas être mort mais autant vérifier. N’ayant aucune idée de ce qu’était un rythme cardiaque normal il compara avec le sien et le trouva juste un peu plus élevé. Tout lui indiquait que ce garçon allait bien mais pourtant il ne se réveillait pas.

La pluie continuait de tomber et même avec un pull Sam frissonna de froid. Réalisant que même inconscient l’étranger pouvait tomber malade en ne portant qu’un t-shirt sous les gerbes d’eau il se décida à le rentrer au coin du feu, ou au moins du radiateur.
Il tenta de le soulever mais l’inconnu endormit était bien trop lourd pour l’adolescent qui fini par simplement le trainer dans l’herbe en le tenant par les bras.

Quand, en sueur, il pu enfin refermer la porte du jardin Sam se demanda comment il allait pouvoir hisser le jeune homme dans le divan. Réfléchissant à la possibilité de simplement poser un coussin sous sa tête et une couverture sur son corps tout en le laissant sur le parquet il se mit à le détailler un peu plus en profondeur. Probablement un peu plus grand que lui, et plus costaud aussi, le garçon aux cheveux bruns mi longs avait un visage assez fin, c’était probablement ce qui avait incité Sam à le penser du même age que lui, sauf que maintenant qu’il pouvait le regarder un peu mieux il n’était plus tout à fait sur que ce « monsieur » qui lui avait échappé ait été si maladroit que ça. Sa carrure n’était pas vraiment celle d’un adolescent, était-il possible qu’il soit bien plus âgé qu’il n’en ai eu l’air ? Le jeune homme était perdu dans ces réflexions inutiles quand il remarqua que celui dont il était devenu l’hôte par la force des choses s’était mis à grelotter. Après tout il ignorait depuis combien de temps il était dehors et il n’aurait pas été plus mouillé s’il avait été plongé tout entier dans une baignoire. Sans vraiment y croire Sam tacha une nouvelle fois de le réveiller et comme prévu échoua.
Pris d’un éclair qu’il aurait qualifié de génie il se rua dans sa chambre, fit un crochet par la salle de bain et fut de retour en moins d’une minute les bras chargés de deux de ses pantalons, t-shirts et pullovers ainsi que de quelques essuies de bain. Il déposa le tout sur la table basse et s’agenouilla auprès de l’homme qu’il tenta une fois encore, par acquis de conscience, de réveiller avant de commencer à lui retirer son t-shirt.
Cette première étape ne s’avéra pas trop compliquée quoi qu’un peu gênante. Sam s’empressa de frictionner le torse du jeune endormit avec l’un des draps de bain, il posa ensuite sa tête sur ses genoux pour lui essorer les cheveux aux mieux.
L’enfilage du t-shirt sec s’avéra en revanche bien plus compliqué, le tissus ne glissant pas aisément sur la peau encore un peu moite. Au bout de quelques minutes, voyant que l’inconnu grelotait de plus belle et qu’il n’était pas prêt de parvenir à ses fins Sam abandonna l’idée. Il envoya valser l’habit, se releva et couru chercher une couverture dans la chambre d’ami où il avait élu domicile. Rapidement il enroula le torse de l’homme dedans, déboutonna son jeans, le lui retira non sans peine et sécha ses jambes avant d’être pris d’un nouveau doute. Devait-il le déshabiller entièrement ? Ce n’était probablement pas très bon de lui laisser des vêtements humide sur le dos quand bien même s’agirait-il d’une étoffe aussi minime qu’un caleçon et qu’elle se trouva d’avantage sur ses fesses mais c’était tout de même affreusement gênant de déshabiller ainsi un parfait inconnu. Les tremblements répétés du garçon eurent finalement raison de ses dernières réticences et il termina de le déshabiller aussi vite qu’il le sécha et l’enveloppa dans la couverture. Le rouge lui monta aux joues quand il effleura les fesses rebondies mais il tacha d’en avoir vite terminé, n’accordant finalement qu’un regard plus que bref au corps dénudé qui s’offrait à ses yeux indiscrets.

En ayant terminé avec lui il ôta également ses propres habits trempés et se sécha dans le petit salon sans prendre la peine de retourner jusqu’à la salle de bain.
Et c’est précisément alors qu’il enfonçait une première jambe dans son pantalon sec que l’étranger ouvrit les yeux.

La première chose que l’inconnu vit en ouvrant les yeux fut le plafond constellé de crottes de mouches du petit salon, tout de suite après son attention fut attirée par un mouvement sur sa droite, il tourna les yeux et découvrit un jeune homme en caleçon entrain de s’habiller. Il ouvrit la bouche, de surprise ou pour parler, qui sait ? et se redressa d’un coup sur son séant quand il sentit ses bras prisonniers du drap qui l’enveloppait.

Sam vit le jeune homme se redresser ainsi qu’une lueur de panique traverser ses yeux. Lui qui était en sous vêtement en équilibre sur une jambe n’eut le temps que de s’exclamer « Ah… » les yeux ronds et la bouche en cœur, laissant en suspend ce qu’il s’apprêtait à dire avant que l’homme brun ne se précipite sur le divan, se libérant de la couverture et se retrouvant là, debout et nu comme un vers, prêt à bondir tel  un animal acculé.
– Non. Mais… je… C’est une méprise. arriva à placer Sam alors qu’il se hâtait d’enfiler son jeans et de le boutonner. Vous étiez dehors, inconscient. Je vous ai ramené à l’intérieur et séché pour que vous ne tombiez pas malade.
Sam avançait torse nu vers l’inconnu, les mains levées en signe de non agression. Il attrapa un drap par terre et le tendit à l’inconnu. Celui ci, debout sur le divan, hésita à le prendre mais, encouragé par un mouvement du menton de la part de l’adolescent, fini par tendre la main dans sa direction, le récupéra et l’enroula autour de ses hanches.
Quelques secondes qui semblèrent des minutes entières passèrent durant lesquelles ils s’observèrent mutuellement avant que l’inconnu ne relance la conversation.
– Qui es-tu ?
– Sam. Je m’appelle Sam. Et v-toi ?
L’inconnu réfléchis un instant, cherchant visiblement dans ses souvenirs mais fini par secouer la tête. Les yeux perdu dans le vide il se laissa tomber assis sur le divan et reprit.
– Je… Je ne sais plus. Je ne sais pas qui je suis. Sam marqua un temps d’arrêt, il n’avait jamais rencontré d’amnésique. Pouvait-il lui poser d’autres questions?
– Et ce que tu faisais sous la pluie ? Comment tu as atterris dans mon jardin ? Il tenta le coup. Mais ne reçu pour seule réponse qu’un non de la tête.
Le jeune homme semblait tout ignorer à son propos. Sam approcha un pouf et s’y assit, faisant ainsi presque face à son invité.
– Il y a peut-être des gens qui te cherchent. On peut appeler la police.
– Non !
Sam recula sur son pouf, la réaction était un peu trop vive et l’étranger s’en rendit compte.
– Non. Personne ne me cherche. J’en suis persuadé. Je veux dire, je ne me souviens de rien mais ça, je ne sais pas, je le sens. Il leva le visage vers Sam et celui ci pu lire dans les grands yeux bleus que c’était la vérité. Ou du moins il eu envie de se persuader que c’était le cas.
– Ok. Mettons qu’on ne prévienne pas les flics mais on fait quoi ? Tu repars ? Tu ne peux pas rester.
L’inconnu fut surprit par ces mots mais il acquiesça sans un mot. Au bout de quelques minutes il sortit de son mutisme pour proposer quelque chose.
– Je vais m’en aller. Mais j’aimerais juste attendre d’avoir pu faire un bonhomme de neige avec toi.
Sam pouffa.
– C’est ridicule. T’as vu le temps ? Il ne neigera pas cette année. T’es partit pour rester ici pendant des mois.
Cela dit Sam tenait enfin une personne avec qui passer ses effroyables vacances. Le jeune homme n’avait pas l’air dangereux, ils pourraient discuter, ne plus s’ennuyer, il pouvait même être amusant de chercher à faire resurgir ses souvenirs et en plus le brun était loin d’être désagréable à regarder. Sam se mordit l’intérieur de la joue alors qu’il pesait le pour et le contre puis fini par regarder sa nouvelle connaissance et lui sourit.
– Bon, disons que c’est d’accord, mais seulement pour 15 jours, après je dois quitter les lieux et toi aussi. Espérons qu’il neigera d’ici là.
– On verra, sourit l’autre.
– Par contre il faut te trouver un nom, qu’il soit officiel ou non. Comment tu veux t’appeler.
Le jeune homme fit mine de réfléchir un instant puis secoua la tête.
– Je ne sais pas. Choisi pour moi.
Un éclair traversa le regard de Sam.
– Gianni. Tu t’appelleras Gianni. C’est le héro d’un livre que j’adore.
Le jeune homme sourit.
– Ok, va pour Gianni. Il tendit la main droite vers Sam. Enchanté Sam, moi c’est Gianni.
Le visage de l’adolescent s’illumina d’un sourire et il sera la main de son nouvel ami.
Finalement ces vacances ne seraient peut-être pas pourries jusqu’au dernier jour.

Rendez vous le 24 décembre pour découvrir la suite (et fin) de ce petit conte de Noël qui, je l’espère, sera à votre gout.
Pour la suite c’est par ici ! (clic)

2 thoughts on “(Bon)homme de pluie – un conte de Noël

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